Disiz – Le web-doc d’Essonne Info.. Le collectif BKE, qui a produit le clip Moïse de Disiz, officie depuis 2005 en Essonne et ailleurs. Rencontre avec une Scop qui réalise des films en banlieue.

  • Photo : l’équipe de BKE pendant le tournage du clip de Disiz. Ici au Caes de Ris-Orangis. (© JM/EI)

Aux manettes du clip de Disiz, on trouve une société de production d’Évry (voir le making-off d’Essonne Info). Le collectif BKE est une Scop, qui fait de la production cinéma spécialisée dans la réalisation de documentaires et de clips. Trois trentenaires animent la structure d’audiovisuel. Yvan Couvidat, Nicolas Jalu et Elie Séonnet ont ouvert les portes de leur boîte de prod à Essonne Info.

L’association BKE est créée en 2005, et regroupe au départ des anciens de la Télé VOI Sénart, antenne associative en Seine-et-Marne qui ferme ses portes avec la fin des emplois jeunes. Au départ, l’objectif est de faire travailler ensemble des personnes aux compétences diverses sur des projets vidéos. Très vite, l’association est opérationnelle, grâce au rachat du matériel de VOI Sénart. « On a pu directement commencer à bosser », résume Elie Séonnet du collectif BKE.


  • Vidéo : Elie Séonnet ,du collectif BKE, explique la démarche de la Scop devant ses locaux d’Évry.

Création d’une Scop

Entre 2006 et 2007, la jeune structure, qui n’a pas de locaux officiels, se réunit là où elle le peut et finit par squatter un appartement à Massy. C’est en février 2008 que l’association s’installe au Parc-aux-Lièvres à Évry, dans un local loué par le bailleur Essonne Habitat, « à l’époque très intéressé par l’activité que nous menions » , confie le membre de BKE.

Avec les premières rentrées d’argent, l’idée de poursuivre cette aventure collective tout en créant un outil économique, fait son chemin entre les trois comparses. « C’est là que nous avons pensé à nous transformer en Scop » , explique le cogérant. Le principe de cette société coopérative est de mener à bien une activité lucrative, « tout en gardant le système collectif », précise Elie Séonnet. Les trois associés sont ainsi gérants, et tous les salariés sont intéressés aux bénéfices.

  • Photo : matériel de tournage du collectif BKE en action. (© JM/EI)

Pas de bling-bling

Pour le retour de Disiz, le collectif s’est activé pendant deux semaines, au tournage, à la réalisation et à la post-production du clip Moïse. BKE, qui a à son actif la production de sept documentaires, avait déjà travaillé avec le chanteur évryen dans son album Le ventre du crocodile. Une nouvelle collaboration est envisageable, à en croire le membre de BKE : « C’est très naturel de bosser avec Disiz, on n’a pas besoin de bling-bling ou de grands bureaux » . 

A la question de savoir si il est possible de faire vivre une boîte de production à côté de tout ce qui existe à Paris, Elie Séonnet y voit un certain avantage : « Paris c’est grand, pour exister c’est difficile, indique-t-il, nous on se fait notre identité ici » . Pour les mois à venir, le collectif BKE prépare « plein » de projets, de la fiction au web-documentaire, en passant par des séries et le développement de partenariats locaux.