Politique. Alors que les candidats à l’élection présidentielle ou leurs équipes multiplient les visites sur le plateau de Saclay, le futur de ce territoire dédié à l’excellence scientifique se dessine peu à peu. Essonne Info fait le point sur la situation.

Depuis l’adoption, le 13 janvier dernier, du schéma de développement territorial (SDT) du plateau par l’Établissement public Paris-Saclay (EPPS), les grandes lignes du devenir du principal pôle scientifique français sont tracées. État, collectivités locales et établissement public se sont mis d’accord sur le tracé du futur métro automatique qui desservira le plateau, avec trois gares au niveau de l’École polytechnique de Palaiseau, de l’école Supélec entre Orsay et Gif, ainsi qu’à côté du CEA à Saclay.

Les deux mille trois cents hectares promis pour rester des terres agricoles et forestières ont également été définis, ainsi que les secteurs qui accueilleront les aménagements et les établissements supérieurs et de recherche. Ceux-ci s’apprêtent par ailleurs à muter vers le regroupement au sein de l’université Paris-Saclay, structure qui regroupera les grandes écoles et les universités depuis sa sélection au titre des initiatives d’excellence (IDEX).

« Décloisonnement » de la recherche

Ce lundi, c’est le Premier ministre François Fillon qui a parcouru le plateau, affirmant vouloir voir évoluer l’université Paris-Saclay « dans les dix premières universités mondiales » . Concernant la recherche, la priorité sera donnée au travail en collaboration avec les équipes de chercheurs. En novembre, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Laurent Wauquiez inaugurait dans ce sens le pôle commun de recherche en informatique (PCRI), lieu où cohabitent plusieurs équipes de recherche.

« On va vers un décloisonnement entre la recherche publique et privée », explique à Essonne Info le maire de Bièvres et conseiller régional UMP Hervé Hocquard. Celui-ci note « le chemin parcouru depuis quatre ans » concernant la réalisation du projet. Alors que certains élus du territoire, à l’image du député-maire de Palaiseau François Lamy, contestaient ce qu’il estimait être un manque de concertation, ils se sont finalement ralliés au projet, comme le montre le vote à l’unanimité du SDT du plateau de Saclay lors du conseil d’administration de l’EPPS. « Les communes ont été associées pratiquement à toutes les étapes, commente le maire de Bièvres, aujourd’hui il n’y a presque plus de polémique »  .

Et les étudiants ?

L’avenir du plateau est promis à la présence sur place de douze mille chercheurs et trente mille étudiants. Sur le campus de Paris-11, les dernières annonces ne semblent pas faire l’actualité auprès des étudiants. « Tout ça ne nous concerne pas trop, ça sera dans au moins dix ans », explique une étudiante rencontrée lundi devant le bâtiment de biologie. Constat partagé, à écouter un jeune qui s’engouffre en cours, casque de musique aux oreilles : « J’ai entendu dire que la fac sera déplacée sur le plateau, mais c’est tout », lâche-t-il entre deux portes. Joint par Essonne Info, Adrien Coffre, représentant des étudiants de Paris-11 dans les instances décisionnelles et par ailleurs membre de l’association Saclay côté étudiant constate que les usagers sont « difficiles à impliquer » malgré la présence de huit cents associations sur l’ensemble des établissements. Ce dernier pointe la question des besoins « annexes » qui apparaîtront à l’installation sur le plateau : « Il faudra des infrastructures, des lieux de vie, et l’on parle de cinq mille logements, ce qui sera notoirement insuffisant », développe Adrien Coffre. Même si la volonté initiale de réaliser une véritable « ville nouvelle » à Saclay n’a finalement pas été retenue, le visage du plateau sera tout de même profondément modifié par les aménagements et l’occupation de l’espace en devenir.