Social. La rentrée 2012 s’annonce difficile. En Essonne, 116 postes seront supprimés dans les collèges et lycées d’ici à septembre prochain. Des suppressions qui découlent de la réduction des dotations horaires globales (DHG) qui définit le nombre d’heures attribuées à chaque établissement pour assurer la totalité des enseignements. 

  • Photo : occupation nocturne du lycée Auguste-Perret d’Évry. (©Frederic Mareau)

A la rentrée prochaine, le lycée professionnel Auguste-Perret d’Evry se verra supprimer neuf postes d’enseignants. Des suppressions qui entraîneront un sureffectif. « Ça va donner des classes à vingt-quatre élèves au lieu de douze », constate M. Rodriguez, professeur à Auguste-Perret. « Les conditions d’études de nos élèves seront particulièrement dégradées », déplore Frédéric Moreau, professeur dans l’établissement et secrétaire académique adjoint de la CGT Educ’Action pour l’académie de Versailles. Face à ces suppressions de postes, les enseignants ont refusé de siéger au conseil d’administration de ce lundi qui a donc dû être reporté. Dans la foulée, une trentaine de professeurs ont occupé l’établissement et ce pour toute la semaine : « On a prévu des roulements pour savoir qui passera la nuit dans l’établissement », précise Mme Gahinet, professeur de lettres et d’histoire à Auguste-Perret. Ce mardi, six enseignants s’apprêtaient à passer la nuit au lycée, contre une vingtaine la veille. « C’est l’effet Saint-Valentin », ironise Mme Gahinet. Une délégation de cinq enseignants du lycée professionnel d’Evry est reçue ce matin à l’Inspection académique. « On espère récupérer des heures pour que nos élèves puissent travailler dans les mêmes conditions que cette année. »

Au lycée Jean-Pierre-Timbaud de Brétigny-sur-Orge, l’occupation de l’établissement était prévue pour ce mardi soir. A la rentrée prochaine, ce lycée accueillera trente-huit élèves rugbymen dans le cadre d’un pôle régional d’excellence de rugby. Ce qui devait être une bonne nouvelle pour l’établissement se révèle problématique. La DHG qui vient d’être attribuée au lycée de Brétigny ne prévoit pas de moyens supplémentaires pour l’implantation de ce pôle. « L’intégration de ces nouveaux élèves se fera sur les moyens déjà attribués et donc au détriment de tous les élèves », condamne Pascal Husson, élu professeur au conseil d’administration, qui dénonce une sous-estimation des effectifs. De son côté, l’Inspection académique, qui recevait ce lundi une délégation du lycée Jean-Pierre-Timbaud, reste de marbre.

Même scénario au lycée Jean-Baptiste-Corot de Savigny-sur-Orge où sept postes seront supprimés. Une menace qui pèse sur les sections artistiques et les langues dont le latin. Face au manque de réponses apportées par l’Inspection académique, des parents d’élèves et des professeurs ont occupé leur établissement ce lundi. La semaine dernière, des actions similaires ont eu lieu notamment au lycée l’Essouriau des Ulis, Francisque-Sarcey de Dourdan, Marie-Laurencin de Mennecy et Maurice-Eliot d’Epinay-sous-Sénart.