Une deuxième allégation d’inconduite sexuelle fait surface contre un éminent cardinal québécois

MONTRÉAL – L’archidiocèse catholique romain de Québec a confirmé vendredi qu’il avait reçu une deuxième plainte d’une femme alléguant une inconduite sexuelle de la part du cardinal Marc Ouellet, l’ancien archevêque de la capitale québécoise.

Une lettre datée du 23 juin 2021 du cardinal Gérald Lacroix, l’actuel archevêque de Québec, informe la femme que les allégations qu’elle avait faites plusieurs mois auparavant ont été « directement transmises » au pape François, qui a ordonné une enquête interne qui a finalement rejeté la plainte contre Ouellet.

Dans la lettre, Lacroix explique qu’une enquête préliminaire a été menée sans la participation de l’archidiocèse de Québec, conformément à la procédure établie par le pape en 2019 pour évaluer les allégations d’abus ou de mauvaise conduite. La lettre ajoute que des déclarations de témoins ont été recueillies au Québec et à Rome.

« Le pape François m’a communiqué (…) sa décision de ne pas retenir l’accusation contre le cardinal », écrit Lacroix. Il termine la lettre en disant à la femme qu’il demande à la Vierge Marie de la protéger.

La lettre a été publiée cette semaine par l’hebdomadaire catholique français Golias Hebdo, avec le nom de la femme expurgé. Elle ne contient pas de détails sur les allégations, si ce n’est qu’il s’agit d’une « inconduite sexuelle ».

Valérie Roberge-Dion, une porte-parole de l’archidiocèse, a confirmé vendredi que la lettre est authentique.

« Dès que le cardinal Gérald C. Lacroix a reçu cette plainte, elle a été immédiatement transmise au supérieur immédiat du cardinal Ouellet, le pape François », a-t-elle indiqué dans un courriel. « À partir de ce moment, l’enquête a été entièrement dirigée par l’autorité suprême ».

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La semaine dernière, une autre femme alléguant une inconduite sexuelle de la part de Ouellet, qui est maintenant à la tête du bureau des évêques du Vatican, a révélé son identité et a accusé l’Église catholique de tenter de la faire taire par le biais de « menaces et d’intimidation. »

Paméla Groleau, qui, avec 139 autres plaignants, fait partie d’un recours collectif déposé en août contre l’archidiocèse de Québec, a déclaré qu’elle avait initialement gardé son identité secrète pour protéger sa famille, son travail et sa santé mentale.

Dans la poursuite, Mme Groleau accuse M. Ouellet de plusieurs incidents d’agression sexuelle entre 2008 – alors qu’elle avait 23 ans – et 2010, notamment d’avoir glissé sa main dans son dos et de lui avoir touché les fesses lors d’un événement à Québec.

Les allégations n’ont pas été vérifiées par les tribunaux, et le mois dernier, Mme Ouellet a contre-attaqué Groleau devant la Cour supérieure du Québec pour diffamation, niant les allégations et demandant 100 000 $ de dommages et intérêts.

Dans sa contre-attaque, Ouellet a déclaré qu’il ne se souvient pas d’avoir jamais rencontré Groleau. « Il ne la connaît pas », indique la poursuite. Dans une déclaration publiée sur le site Web Vatican News en décembre, il a déclaré qu’il la poursuivait « afin de prouver la fausseté des allégations » et de rétablir sa réputation et son honneur.

Ce reportage de La EssonneInfo a été publié pour la première fois le 20 janvier 2023.

Ce reportage a été réalisé avec l’aide financière de la bourse d’information Meta et Canadian Press.

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