Social. Près de cent cinquante lycéens ont manifesté ce jeudi après-midi devant la préfecture. Ils refusent l’expulsion de leur camarade Mehmet, 20 ans, lycéen sans papiers du lycée Auguste-Perret d’Évry.

  • Photo : les lycéens devant la préfecture de l’Essonne, ce jeudi. (DM/EI)

« Des papiers pour tous ! » C’est ce que reprennent en cœur les lycéens à leur arrivée devant la préfecture d’Évry. Ils sont près de cent cinquante à avoir fait le déplacement pour réclamer la régularisation du cas de Mehmet. Il y a un mois, ils ont appris que leur camarade était obligé de quitter le territoire par décision préfectorale. Si la majorité d’entre eux viennent des lycées Auguste-Perret et Pierre-Mendès-France de Ris-Orangis, près de dix lycées du 91 ont apporté leur soutien au mouvement. C’est le cas de Marie, Laura et Louise, lycéennes du lycée Parc-de-Vilgénis à Massy : « On connaît une personne de notre lycée qui est dans la même situation, donc quand on a entendu qu’il y avait une manifestation de soutien, on a souhaité y participer », explique Marie avant d’ajouter : « Mais on n’est que six de notre lycée « . Aux côtés des lycéens, des représentants du Réseau éducation sans frontières (RESF), de la CGT Educ’action Essonne et de la FSU 91. Pour Alain Goiny, secrétaire départemental de la Fédération syndicale unitaire du 91, c’est « toute la communauté éducative qui est touchée par cette expulsion ». Une délégation a exigé à être reçue par la préfecture pour «  demander la régularisation du cas de Mehmet » et plus généralement, « pour qu’on arrête de déranger des lycéens ou des étudiants sans papiers en cours de scolarité » confie Alain Goiny.

Mehmet, un « parmi tant d’autres »

A son arrivée devant la préfecture, Mehmet est porté en héros par ses camarades. Arrivé en France il y a plus de trois ans, ce jeune Turc d’origine kurde se heurte à toutes les barrières qui se dressent face aux sans-papiers. « Je fais des études mais sans papiers je ne peux pas travailler. Je ne peux pas passer le permis. Je ne peux même pas partir en voyage avec le lycée, je ne peux rien faire », explique Mehmet. Après avoir déposé deux dossiers de régularisation, en vain, il attend désormais la décision du tribunal administratif de Versailles, le 12 février prochain. Si ses camarades reprennent son prénom en cœur, Mehmet sait qu’il n’est pas le seul à vivre dans cette situation : « Je ne suis qu’un parmi tant d’autres ».

  • Photo : Mehmet (à gauche) et son camarade Melik, du lycée Auguste-Perret d’Évry. (DM/EI)