Société. Après l’accident survenu mercredi soir à la hauteur de Linas, les riverains de la nationale 20 sont excédés. Avec l’augmentation constante du trafic des poids lourds sur cette liaison, les accidents se multiplient. Jusqu’à quand ?

  • Photo : Les services du conseil général de l’Essonne déblayent les restes de l’accident. (JM/EI)

A la suite de la publication de nos articles sur l’accident impliquant un camion de produits chimiques mercredi soir sur la nationale 20 à Linas, vous avez été nombreux à partager et commenter les faits. Au-delà de l’accident en lui-même et de ses conséquences, notamment environnementales, la question de la circulation des poids lourds et de la surcharge de cet axe ressort au grand jour. La dangerosité de cette route n’est aujourd’hui plus discutée, mais les solutions semblent longues à se mettre en œuvre.

« La goutte d’eau qui fait déborder le vase »

C’est un flot continu de voitures et de camions qui passent sous leurs fenêtres. Laurence et Stéphane ont emménagé l’année dernière dans une maison en meulières située le long de la N 20 entre Linas et Montlhéry. Avec leurs deux enfants en bas âge, ce jeune couple possède un triple vitrage du côté de la route. « Quand les camions passent, les murs tremblent », explique Laurence. Alors l’accident survenu quelques heures plus tôt sur cette voie est « la goutte d’eau qui fait déborder le vase »  pour la jeune maman.

Le dimanche soir, la reprise du trafic des poids lourds, interdit le week-end, est le pire moment de la semaine. « Ils circulent par convoi de trois ou quatre, et roulent comme des malades », s’indigne Stéphane. Laurence poursuit : « Ils adoptent des attitudes de plus en plus dangereuses, et depuis l’installation du radar de feu, les accidents sont très nombreux » . Plus bas, des débris de verre témoignent des derniers accrochages de véhicules, et des traces de pneus illustrent les freinages d’urgence effectués par les automobilistes à cet endroit.

  • Photo : Laurence et Stéphane habitent au-dessus de la N 20. (JM/EI)

Un camion stationné au bord de la N 20

Depuis plusieurs mois, la N 20 a été limitée à 50 km/h dans le secteur de Ballainvilliers. Si réduire la vitesse sur d’autres portions de la route pourrait s’avérer être une solution à court terme, la forte présence de camions sur cet axe devra être traitée dans le même temps. Laurence et Stéphane sont formels, « les camions sont un fléau » selon eux. Même constat pour César, rencontré à deux pas du lieu de l’accident de mercredi soir. « Il y a un flux continu de camions », décrit-il. Mercredi matin, déjà, un camion renversé sur la chaussée plus au sud à Etréchy avait entraîné une congestion de la N 20 une partie de la matinée.

La présence des poids lourds agace en tout cas plus d’un riverain de la N 20. Sur le tronçon Linas-Arpajon, où l’accident à eu lieu, des habitants affirment que la limitation de vitesse à 70 km/h n’est absolument pas respectée. « C’est une route dangereuse », affirme une femme s’arrêtant en voiture à côté des lieux de l’incendie, tandis que César poursuit : « Il y a tellement de camions qui circulent, que certains stationnent sur les bandes d’arrêt d’urgence » , à l’image du camion de produits chimiques arrêté sur le bord de la route avant de prendre feu.

Alors que l’autoroute A 10 pourrait récupérer le gros d’un trafic de poids lourds devenu extrêmement pesant sur les portions de la N 20, les transporteurs continuent d’utiliser cet axe, qui permet d’économiser une partie du péage en sortant à Artenay depuis l’A 10 au sud. Le Comité nationale 20 parle depuis plusieurs années de « mensonges » et d’ « inaction » de la part des responsables politiques sur le sujet.