Social. A Villebon-sur-Yvette, voilà sept jours que les salariés de l’entrepôt de la Compagnie européenne de prestation logistique (CEPL) bloquent leur entreprise. Lundi, le comité d’entreprise a décidé de confier le problème à la justice.

Il faut remonter en avril pour trouver les racines du conflit qui oppose aujourd’hui Marionnaud à ses anciens salariés. Respectant le contrat qui les liait au CEPL depuis la reprise il y a six ans, l’entreprise de parfumerie a lancé un appel d’offres pour la reprise de son activité logistique. « Étant donné notre taux de qualité évalué à 99% par un organisme extérieur, et les paroles rassurantes de Marionnaud en avril, on s’attentait à ce que CEPL conserve le contrat qui assure nos emplois », explique Guy-Samuel Nyoumsi, délégué syndical CFDT de l’entrepôt. Il poursuit : « Finalement et contre toute attente, c’est ID Logistics qui a hérité du contrat ». En réaction à cette reprise surprise, les salariés bloquent l’activité de l’entrepôt depuis le mercredi 14 décembre.

Les grévistes se sont installés devant la grille de leur lieu de travail. Pas tout à fait au sec sous une bâche de fortune, pas tout à fait réchauffés par le feu allumé dans un baril, les travailleurs montent la garde vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour forcer l’ouverture du débat. Dès le début du mouvement, ils ont exprimé leur volonté de rencontrer les directions de CEPL et de Marionnaud pour discuter du problème. Mais la menace de rupture de stock en pleine période de Noël ne semble pas effrayer la direction de la chaîne de parfumerie, qui n’a pas donné suite à cette invitation.

Pour mettre fin au mutisme qui touche soudainement le vendeur de parfums, les salariés de l’entrepôt réunis en comité d’entreprise se sont déclarés prêts à régler leurs comptes devant un tribunal. « Nous allons assigner Marionnaud en justice par la voie de Me Roger Koskas, pour qu’ils assument la fermeture du site  », confirme le délégué CFDT. La direction de Marionnaud n’a pour l’heure pas souhaité répondre à nos questions.