Culture. Le groupe Chasseur a porté haut et fièrement son projet Bass N’Goni au théâtre de l’Agora à Évry ce mardi 13 décembre 2011. Il a fait vibrer le public de cette petite salle de concert, de manière intimiste et conviviale.

Adama Coulibaly, chanteur malien et joueur de donso n’goni – un luth traditionnel aux sonorités suaves – a flirté sur les sons graves et placides du contrebassiste Théo Girard. Une mélodie peut être tournée en boucle sur le luth en un ostinato hypnotisant. La voix de Coulibaly résonne avec une légère réverbe, savamment dosée par les designers sonores, elle transperce l’air avec puissance et force de sentiments. Cette musique à la fois zen et planante, s’ouvre au monde comme un lever de soleil à l’horizon, sur une terre lointaine, libre et sauvage. Les sonorités ambiantes prennent vie : cette musique a une âme. Ainsi, les pulsations – ou les pulsions – de vie sont comme un hymne à la vie elle-même. Adama Coulibaly donne toute cette intensité grâce à sa voix, mettant en valeur les instruments.

Emportés dans leur univers

Le danso n’goni fait danser un public qui ne peut résister à l’attraction rythmique d’un binaire-ternaire. Macha Gharibian, chanteuse, a accompagné le groupe avec un orgue électronique, reprenant le rôle de l’instrumentiste, jouant à son tour un ostinato. Sébastien Brun, batteur et percussionniste a été convaincant dans cet exercice à la fois minimaliste et explosif : il a su contribuer à créer cette ambiance toute singulière. Le groupe Chasseur alterne chansons françaises et airs maliens. Peut-être aurions-nous aimé davantage entendre chanter Adama Coulibaly pour sa voix si éclatante ? Les autres membres du groupe ont cette voix « zen », au charme un peu fragile, pouvant parfois séduire. La qualité d’interprétation instrumentale est une parfaite symbiose, elle nous a transportés dans un ailleurs. Quant à la recherche poétique de certains textes sur la société, le quotidien, dont voici l’extrait suivant « comment se sentir bien, dans ce brouillard humain », elle ne pouvait que nous faire réfléchir. Ces musiques jazz et traditionnelles maliennes ont ainsi tourné pour nous emporter dans leur univers.