Société. Voilà des mois que nous vous alertons sur la situation de dizaines de résidents étrangers de notre département, contraints de dormir devant les grilles de la préfecture, afin de renouveler leurs papiers. Alors que l’hiver s’installe, ils sont toujours nombreux à patienter dans le froid, durant la nuit et au petit matin, pour pouvoir accéder aux guichets de la préfecture.

  • Photo : Jeudi dernier, une opération militante était organisée devant les grilles de la préfecture en soutien aux résidents étrangers ayant passé la nuit sur place (crédit Marjorie Simonet)

Les mois ont passé depuis ces soirées de mai et juin. Avant l’été et les premières mesures mises en place par la préfecture pour réguler le flux de personnes, les résidents étrangers étaient régulièrement plus de deux cents à passer la nuit devant les grilles de la cité administrative à Évry, pour obtenir la possibilité de se présenter à l’un des guichets d’accueil dédiés au sein de la préfecture.

Malgré quelques intempéries, dont un dimanche soir sous la grêle qui est resté dans les mémoires, les conditions climatiques restaient alors relativement supportables par la majorité des personnes. L’automne est arrivé, et la file d’attente a changé de lieu. Auparavant située rue des Mazières, sous les fenêtres de riverains à bout de nerfs, la queue a été déplacée boulevard de France, c’est-à-dire de l’autre côté.

Un petit déjeuner de soutien

Des sacs poubelles, et même plus loin des toilettes ont été installés. Sur les grilles, des panneaux d’information de la préfecture expliquent chaque cas de figure pour les usagers, avec les démarches administratives correspondantes. La préfecture, qui a rajouté quatre personnes au guichet et amélioré les fonctionnalités de son site Internet, semble ne pas comprendre les raisons qui poussent ces usagers à dormir devant l’entrée.

Jeudi dernier, une centaine de personnes étaient présentes au petit matin pour une action de mobilisation autour d’un petit déjeuner, en soutien à ces « naufragés » de la préfecture. Téléssonne a réalisé un reportage sur cette matinée.

Avec l’arrivée du froid, la situation devient difficile pour ces hommes et femmes qui passent la nuit sur place, bien qu’en se relayant, comme le relate le témoignage de trois étudiantes du master Droits de l’Homme-Droit Humanitaire de l’université d’Évry. Selon le président de la Maison du Monde d’Évry François Vaillé, qui a participé à l’action du petit déjeuner, « l’accueil en hiver va être très difficile » . Membre d’une délégation d’associatifs reçue par le secrétaire général adjoint de la préfecture, il reste sur ses gardes pour les semaines à venir, « la mobilisation doit se maintenir et s’amplifier », précise-t-il.