Polémique entre la ville de Linas et le Conseil général de l’Essonne sur fond d’annulation de la dernière élection sur le canton de Montlhéry. François Pelletant parle de « représailles » et Jérôme Cauet évoque la « politique politicienne » de son prédécesseur.

  • Photo : Le Gymnase du Cosom à Linas en travaux (Mairie de Linas)

Après l’annulation des élections cantonales par le tribunal administratif le 5 octobre dernier (lire notre article), le gymnase de Linas semble être pris en tenaille par les deux camps qui se disputent la place à l’assemblée départementale. L’ancien conseiller général du canton – et maire (CAP 21) de la commune – et la majorité de gauche qui dirige le département depuis 1998 se renvoient la balle pour expliquer le retard dans la signature d’un contrat départemental d’un montant de 360 000 euros, portant sur la rénovation du gymnase du Cosom.

« Les travaux du gymnase de Linas risquent d’être arrêtés »

« Le chantier avance et les entreprises doivent êtres payées (…) La mairie ne peut pas avancer pour le Conseil général », s’exaspérait François Pelletant mercredi matin en répondant aux questions de la rédaction d’Essonne Info. Pour le maire de Linas « Ils [les élus de gauche au Conseil général] nous mettent le couteau sous la gorge. »

Bénéficiaire d’une subvention du département portant sur 26 % du montant total des travaux du Gymnase, estimé à 1 400 000 euros, la ville attend le versement de l’argent du Conseil général. « Nous les avons appelé cinq ou six fois (…), en septembre pas possible et en octobre aussi » souffle encore François Pelletant. Le Conseil général vient de proposer la date du 3 décembre pour signer la convention du contrat départemental, mais ce dernier n’est pas disponible.

De son côté, le Président (PS) du Conseil général de l’Essonne, Jérôme Guedj, déclare dans un communiqué qu’il y a « des règles, nous devons les appliquer. Je me rendrai à Linas pour signer ce contrat. J’ai fait une proposition de date, pour cette signature officielle. François Pelletant l’a acceptée avant de se rétracter très récemment », rajoutant que « si cette date ne lui convient pas, qu’il me fasse d’autres propositions. »

« C’est de la politique politicienne au détriment des Linois »

« Ce qui compte pour moi c’est l’argent » au service « des associations sportives qui utilisent le gymnase, pas les cérémonies officielles », clame François Pelletant, avant d’estimer que la véritable raison ne serait pas, selon lui, un problème d’emploi du temps, mais la récente annulation des dernières élections sur le canton de Montlhéry, où il a été l’élu à l’assemblée départementale durant treize ans. Pour l’édile, est-il question de « représailles envers le maire de Linas ou la volonté d’attendre que l’appel de Monsieur Cauet (l’actuel Conseiller général socialiste du canton) soit enregistré ? ». « Ils veulent que Jérôme Cauet puisse parader à cette cérémonie » alors que nous « avons besoin des fonds pour continuer les travaux »  lance l’élu.

« Linas n’est pas une commune de non droit » rétorque Jérôme Guedj dans le même communiqué. Souhaitant « éteindre toute polémique vaine et stérile » le président rappelle que « le contrat communal entre Linas et le Conseil général de l’Essonne sera bien signé avant la fin de l’année. (…) Avant d’engager des dépenses, il vaux mieux conclure l’accord ».

Pour Jérôme Cauet, qui a déposé hier un recours contre la décision du tribunal administratif d’annuler l’élection de mars dernier, cette subvention pour le gymnase du Cosom était inscrite à l’ordre du jour « de l’une de mes premières commissions permanentes ». Le Conseiller général, joint par téléphone, fustige l’attitude de son prédécesseur, mettant en avant « qu’au lendemain de l’annonce du tribunal administratif, ce n’était plus possible de s’entendre avec lui sur une date ». Pour Jérôme Cauet, le maire de Linas serait reparti en campagne cantonale, utilisant la moindre polémique. « C’est de la politique politicienne au détriment des Linois » a t-il expliqué.