La metteuse en scène francophone Marie Brassard remporte le prestigieux prix Siminovitch

La célèbre metteuse en scène Marie Brassard a remporté le très convoité prix Siminovitch, qui récompense l’excellence du théâtre canadien.

Il s’agit du prix le plus important dans le domaine du théâtre au Canada. Sur un cycle de trois ans, le prix récompense un metteur en scène, un dramaturge ou un concepteur à mi-carrière dont la contribution au théâtre canadien est « transformatrice et influente ». Cette année, un total de 115 000 $ a été attribué : 75 000 $ au lauréat du prix Siminovitch, 25 000 $ au protégé Siminovitch et 5 000 $ à chacun des artistes présélectionnés.

Brassard est une metteuse en scène avant-gardiste dont les œuvres ont été présentées sur les scènes du monde entier. En 2016, elle a été initiée à l’Ordre des Arts et des Lettres du Québec pour sa contribution au paysage culturel québécois. Brassard s’est créé une énorme réputation de collaboratrice fougueuse et de leader généreuse, connue pour bien travailler avec les autres afin de mettre en scène ses idées plus grandes que nature.

« Le jury a remarqué que sur la poésie théâtrale de l’œuvre de Marie Brassard, sur sa richesse et sa multidimensionnalité », a déclaré le président du jury du prix Siminovitch, Guillermo Verdecchia, dans un communiqué.

« L’œuvre de Marie est à la fois onirique, éthérée et immédiate, viscérale et fascinante. Elle est réputée pour son long et patient développement du travail, pour son écoute profonde et pour faire ressortir le meilleur de ses collaborateurs. »

Dans une interview, Brassard a exprimé sa profonde gratitude pour la reconnaissance du comité du prix Siminovitch.

« J’ai eu cette réaction d’incrédulité. Je ne m’attendais pas à gagner. Je suis très reconnaissant, bien sûr… c’est absolument charmant.

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« C’est d’autant plus beau que j’ai été choisie par mes pairs », poursuit-elle. « C’est une reconnaissance de mon travail par des personnes qui font le même genre de travail dans le même domaine que moi. C’est donc un encouragement très agréable ».

Brassard est peut-être d’abord et avant tout une réalisatrice, mais elle a aussi écrit et joué. Elle met rarement en scène des pièces écrites et travaille souvent avec son équipe pour concevoir quelque chose de totalement nouveau, une pratique qui a façonné son style de mise en scène.

« Je ne suis pas une experte en quoi que ce soit », a-t-elle déclaré. « Mais je fais un peu de tout. J’enrichis mes connaissances de l’intérieur… et maintenant, je suis très intéressée par le fait de travailler avec d’autres personnes et de diriger d’autres personnes sur scène. »

Un élément clé du Prix Siminovitch est l’accent mis sur le mentorat. Chaque cycle de prix récompense non seulement le lauréat, mais aussi un mentoré choisi par le lauréat. Mme Brassard a nommé Philippe Boutin comme son protégé.

« Le mentorat est essentiel lorsqu’on arrive à un certain âge », a déclaré Mme Brassard. « Dans ma jeunesse, j’ai été tellement encouragé, aidé par des personnes plus âgées que moi. Ils ont vraiment contribué à m’inspirer. Et je pense que, surtout maintenant, en tant que réalisateur, il est de plus en plus difficile de construire une carrière. Le prix Siminovitch est une façon géniale de récompenser quelqu’un, mais il incite également cette personne à aider une autre personne. Je pense que c’est magnifique ».

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La fureur de ce que je pense » de Brassard est à l’affiche à l’Espace Go à Montréal jusqu’au 3 décembre. Brassard dirigera également une création collective avec de récents diplômés d’écoles de théâtre pour le Centre national des Arts à Ottawa en 2023.

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