L’orchestre Philarmonique de République Tchèque _Moravia_ et son chœur, dirigé par Jan Stvan, ont interprété le Requiem de Mozart ce vendredi 21 octobre 2011 à la Cathédrale d’Evry. L’œuvre magistrale du compositeur séduit toujours autant un large public, une interprétation rigoureuse et solennelle.

Mozart

L’orchestre, composé uniquement de cordes, a commencé en première partie de soirée par un « Divertimento » en si bémol majeur, les premier et troisième mouvements étaient vivaces et sautillants, un divertissement qui porte bien son nom. Le public a pu apprécier les contrastes piano puis forte, avec violoncelles et contrebasse soutenant la mélodie des violons.

Le chœur est arrivé pour un « Sancta Maria ». Les voix de sopranos se détachaient du chœur comme si elles voulaient toucher le ciel. Malgré cela, le chœur a gardé une excellente homogénéité. Une maîtrise parfaite, une rigueur technique à toute épreuve, l’orchestre et son chef ne font qu’un avec la plus grande sérénité.

La cantatrice soliste soprano, Zdena Kloubova, entre en scène pour un « Laudate Dominum » tiré des « Vêpres Solennelles d’un Confesseur ». L’interprétation est sublime et d’une grande douceur. Elle a confié à la fin du concert que « Mozart reste [son] compositeur préféré pour le chant en tant que soprano ».

Un Requiem pour nous élever

Le chef d’orchestre Jan Stvan conduit avec une main de fer dans un gant de velours un orchestre qui s’est agrandi avec cors de basset, bassons, trompettes, trombones et timbale. Cette composition classique et réduit de l’orchestre donne à l’œuvre gravité et transparence dans l’écriture. La tonalité choisie en ré mineur est souvent associée aux sujets se rapportant à l’au-delà, bien entendue, les modulations savamment écrites, donne à cette œuvre son caractère profond et spirituel.

L’interprétation des mouvements allegro notamment lors du « Dies irae », aurait nécessité davantage de fougue dans l’expression de ce tourbillon de terreur, où le monde serait réduit en cendres. Cela n’enlève en rien à la justesse et la technicité des musiciens, ni à la régularité du tempo choisi par Jan Stvan.

Le « Rex Tremendae majestatis » a été sublime avec des voix et des trombones qui se répondent en écho, regroupant à la fois majesté, terreur et pitié. S’ensuit un « Recordare » où les solistes ont pu montrer toutes leurs qualités vocales avec cette prière à Dieu, un échange liturgique entre les quatre solistes : Zdena Kloubova en soprano, Veronika Hajnova Fialova en mezzo soprano, Josef Moravec pour la voix de ténor et Roman Vocel pour la basse.

Le chef d’orchestre a excellé dans la présentation du « Lacrimosa », l’orchestre a suivi cette sensation d’élévation de l’âme en laissant surgir une belle émotion musicale.

Jan Stvan a déclaré « apprécier l’acoustique de la Cathédrale d’Evry ». Il a achevé la tournée en France avec son orchestre, sa chorale et les solistes le 23 octobre. Fort de son expérience, il dirige depuis maintenant près de 30 ans l’orchestre de Prague. Il apprécie orchestrer également la musique de Beethoven, Brahms ou encore Stravinsky. Le retour en République Tchèque nourrit de belles perspectives de tournées pour l’année prochaine, avec la redécouverte de compositeurs absolument géniaux.