CULTURE > L’événement de ce week-end, c’était le concert de Youssou N’Dour aux arènes de L’Agora d’Evry, pour célébrer les 20 ans du jumelage de la ville nouvelle et de la commune de Kayes au Mali.

Après Salif Keita, Evry a accueilli ce dimanche après-midi un des plus grands artistes de ce qu’on appelle la « world music ». Si la scène des arènes de l’Agora servait de tribune à la commémoration de la coopération entre les deux villes, avec tout son cortège d’officiels, les spectateurs ne s’y sont pas trompés en venant avant tout jouir d’un grand moment de musique.

C’est avec un peu de retard que le très grand guitariste Malien Babacar Traoré se charge de la première partie, alors que la grande salle n’a pas fini de se remplir. Accompagné d’un harmonica et d’un percussionniste, c’est à la guitare qu’il nous emmène entre blues et sonorités africaines, porté par sa voix puissante mais sans agressivité. Alors qu’on sature les ondes radio de sons compressés et surchargés, que l’oreille peine à séparer voix et instruments et ajoutez à cela un pauvre chanteur obligé de brailler pour exister, il y a une limpidité qui se dégage des trois artistes sur scène qui se calent parfaitement sur la guitare de Babacar Traoré.
L’entracte donne le temps au Maire d’Evry de rappeler l’objet de la coopération entre les deux villes et de saluer les personnalités présentes. Mais la salle bruisse déjà d’impatience et n’attend plus que l’objet de sa venue.
Les arènes sont déjà gonflées à bloc et la fosse achève de se remplir avant même l’apparition du chanteur. La température monte un peu plus à l’apparition de Youssou N’Dour, accompagné de son groupe. Et c’est parti pour près de deux heures d’un concert avec une première partie où son dernier album « Dakar Kingston » est mis à l’honneur. C’est donc une incursion en pays Reggae, avec dès le début la chanson « Marley », suivie de « Medina » et « Bamba ». Comme d’habitude les langues s’enchaînent sans effort et la voix de Youssou N’Dour s’accorde parfaitement au rythme reggae. Le public se presse contre la scène et les téléphones portables se mettent en mode « caméra ». C’est avec la deuxième partie, appelée « atterrissage à Dakar » que le chanteur va nous faire la démonstration d’une voix assez incroyable qui n’a rien perdu de sa vigueur et de sa précision. A noter une très bonne reprise de l’inévitable « Seven seconds » très joliment rythmée en fin de chanson. Il faut aussi dire qu’entendre Youssou N’Dour chanter en direct « Birima » est un grand moment de musique. Sans faire de chichis, toujours dans le rythme petits pas de danse aidant, il est parfaitement assisté par un groupe de musiciens virtuoses et où, Afrique oblige, on joue du corps comme d’un instrument. L’irruption régulière sur la scène d’un danseur grimé en Peul, en rasta man et autres, s’intègre parfaitement, et avec les solo des musiciens et l’invitation de deux demoiselles à venir danser, le spectateur n’a pas le temps de souffler ; c’est tant mieux on en redemande ! La fosse vibre à l’unisson et n’est que boubous colorés, costumes trois-pièces, et les enfants sont de la partie. Le spectacle s’achève, l’artiste tire sa révérence, l’Afrique est belle.