La dernière création de danse contemporaine de Maguy Marin, « Salves », sera jouée au théâtre de l’Agora à Evry, vendredi 14 octobre à 20h. Une pièce politique au sens fort, la chorégraphe a cherché à «  travailler [sur] notre pessimisme et nos peurs », nous présentant «  un monde malade où la rage l’emporte encore sur le désespoir », citation de Walter Benjamin dont elle s’est inspiré.

Gérard Mayen, journaliste et médiateur avec le public du théâtre de l’Agora, sera présent avant et après le spectacle. Il donnera quelques explications clés sur la danse et fera ensuite un débriefing. Chaque spectateur aura l’opportunité de poser ses questions et d’échanger ses impressions avec notre spécialiste et le public.

Maguy Marin n’en est pas à son premier spectacle. Fille d’immigrés espagnols arrivés en France durant la guerre d’Espagne, elle a puisé son inspiration dans son propre vécu et le monde d’aujourd’hui. Avant d’être chorégraphe, elle a été danseuse. Elle a poursuivit ses études de danse classique au Conservatoire de Toulouse avant d’intégrer le Ballet de Strasbourg et l’Ecole Mudra à Bruxelles. Elle a dansé sous la direction de Maurice Béjart au Ballet du XXème siècle tout en se lançant dans la création de chorégraphies mélangeant danse et théâtre. Elle est aujourd’hui à la tête du Centre Chorégraphique Nationale de Rillieux-la-Pape près de Lyon.

« Organiser le pessimisme« 

Walter Benjamin, philosophe et critique d’art allemand, disait qu’il «  fallait organiser le pessimisme  » ce que Maguy Marin a fait à sa manière, avec du silence, des murmures, des passages éclairs ; une semi-obscurité qui nous happe dans un monde angoissant.

Les sept danseurs (trois hommes et quatre femmes) sont une peinture vivante de « Guernica » de Pablo Picasso. La Liberté se brise, le monde subit des bouleversements, les hommes impuissants sont animés par l’espoir enragé de s’en sortir. Des « Salves » sulfureuses mitrailleront nos regards au théâtre de l’Agora ce vendredi soir.

Une pièce qui fait réfléchir sur notre position dans le monde et sur l’évolution du monde dans lequel nous vivons. Maguy Marin nous fait passer le message de «  travailler notre pessimisme et nos peurs, et ainsi échapper à celle, ambiante, qui nous écrase et nous rend impuissants, tristes et fourbus ». Exposant en une «  beauté nouvelle  » les drames historiques, les catastrophes répétitives, elle confronte le genre humain à ce qui est insoutenable et angoissant en faisant survivre les moments tombés dans l’oubli, «  ces voix qui du fond des temps, nous font signe  » émergent sur la scène par leur danse.