« Tout doit être fait pour favoriser les initiatives » : c’est par ces mots que le préfet de l’Essonne Jean-Benoit Albertini a présenté devant quelques journalistes la tenue du « grand débat national » initié par Emmanuel Macron, pour répondre à la crise née du mouvement des « gilets jaunes ». La semaine dernière, lui comme d’autres représentants de préfectures ou d’institutions, avaient été « briefés » au siège du ministre Sebastien Lecornu, et il s’agit maintenant de faire vivre cette initiative dans le département.

Pour cela, « l’esprit est de laisser les initiatives au terrain » indique-t-il, en souhaitant permettre à « toute personne qui le souhaite, à titre individuel ou à travers une réunion collective, de s’exprimer ». Collectivités et associations sont fortement poussés à s’engager dans la démarche, en mettant en place des rencontres publiques : « certains se sont lancés, d’autres attendent de voir » ajoute le préfet. Palaiseau samedi, puis le village des Molières ce mardi, ont été les théâtres des premiers débats sur le département.

En attendant d’autres communes? Plusieurs devraient proposer ces formes de rencontre d’ici la mi-mars, date de fin de cette période de grand débat. Sachant que les services de l’Etat ne veulent pas « autoriser ou monopoliser » les choses, « les initiatives sont totalement libres » insiste le préfet. Le débouché de tout cela? « Qu’on puisse garantir à tous, maires, institutions, citoyens, que ce qu’ils vont dire sera rempli et ajouté » à la plateforme nationale du grand débat. Car pour faire partie de la démarche, les questions de mise en ligne et de mise en forme sont primordiales, « pour que ça soit plus facilement traité » précise le préfet.

Autrement, « pas de limitation de formats, ni de thématiques » assurent les services de l’Etat dans le 91, du moment que la synthèse est transmise sur le serveur national. Un référent départemental a également été nommé pour mettre de l’huile dans les rouages de cette volonté gouvernementale. Haut-fonctionnaire à la préfecture de l’Essonne, Sébastien Cauwel s’est vu confier cette mission de coordination. « Certains vont faire quatre thèmes en quatre réunions », d’autres « vont se regrouper à plusieurs », comme les petites communes, pour organiser un débat, prévoit-il. Le préfet a de son côté fait a tournée des sous-préfectures (Etampes, Palaiseau) pour promouvoir le grand débat auprès des élus et fonctionnaires locaux.

Reste à savoir si beaucoup de monde se saisira de l’occasion. Le maire de Palaiseau Grégoire de Lasteyrie prévoit trois nouvelles réunions, d’ici la fin du grand débat, soit une par thème en tout car dit-il, « les Français pensent que le compte n’y est pas, ou plus, il y a un vrai besoin de débat, qui débouche sur des actions ». Du côté des « gilets jaunes », qui cherchent pendant ce temps à se structurer sur le département (lire notre article), la mayonnaise ne semble pas encore avoir pris. L’un d’eux très mobilisé depuis novembre résume une certaine pensée ambiante : « on sait très bien que le débat, ça ne servira à rien, le problème est celui de la légitimité du pouvoir ». On la mesurera peut-être au succès, ou non, de ce « grand débat national ».