Le Scoring en anglais, en français « cotation » a été voté au denier Conseil municipal de Palaiseau. Ce système pour l’attribution de place en crèche a été approuvé à l’unanimité. Sur Palaiseau, il y a environ 400 places de garde municipale (crèches) à attribuer chaque année. Cette pratique très en vogue dans les sociétés anglo-saxonnes, provient du marketing. C’est un système de classement des listes de clients ou prospects, permettant une personnalisation de la réponse à adapter selon une liste de critères prédéfinis. Recommandé par l’Association des maires de France (AMF), Palaiseau est une des 8 communes de France qui vont expérimenter ce « vade-mecum« , devant permettre plus de transparence au sujet des attributions des places en crèche, et faire disparaître les soupçons de clientélisme.

« On le fait pour le logement depuis deux ans. On a 2000 familles demandeurs de logement par an, pour un contingent municipal de 40/50. On trie par rapport à la situation, sur des critères objectifs, comme l’ancienneté de la demande, si la personne est déjà à Palaiseau ou y travaille, si il y a décohabitation » explique le maire Grégoire de Lasteyrie, qui recommande la formule : « Quand un logement se libère, on regarde les points et la catégorie, et l’on propose selon les ressources. Bien sûr il y a des exceptions en cas d’urgence comme pour une femme battue. Mais c’est un outil d’aide à la décision. Les locataires connaissent leur nombre de points, ça lui donne une idée de leur chance d’obtenir un logement ». En guise d’exemple, aujourd’hui, pour avoir un T3 sur la commune, « il faut 6, voire 7 ou 8 points, plus le temps passe, plus l’on gagne des points. Cela permet de retirer toute suspicion de clientélisme, ça donne plus de justice » assure-t-il.

La critique apportée à ce genre de système de classement réside pour les cas à la limite de deux scores. Comme pour le système d’impôts sur le revenu par répartition, la majorité des contestataires sont ceux qui se situent au bas d’un nouveau palier, et donc pas très loin de celui du dessous. La mesure votée par le Conseil municipal cependant ne vise pas à remplacer l’attribution au cas par cas, mais à définir une simple grille d’attribution mieux adaptée aux différentes situations, toujours selon les explication du maire. 80% des cas seront donc réglés selon ce nouveau système, mais un traitement individuel est prévu pour les situations les plus urgentes.

Le système est maintenant mis en place pour les crèches, ce qui serait bénéfique pour Grégoire de Lasteyrie, « Avec l’ancien système, on avait plus ou moins de chances d’obtenir une place selon si la naissance avait lieu au début ou en fin d’année calendaire.
On avait déjà fait un peu évolué cela en 2016. Désormais un nouveau dossier donne selon les critères un nombre de points, comme pour les familles mono-parentales, celles où les deux parents travaillent, pour des jumeaux il y a par exemple une bonification
 » poursuit le maire, dans la défense de ce système d’attribution test.

Du côté de l’opposition, si on a voté pour la mesure, on était au départ circonspect, comme le raconte Matthieu Pasquio. « Au début on était contre, par rapport aux modalités du scoring concernant le logement, beaucoup de municipalités se sont lancées la dessus mais des questions restent en suspens ». Mais finalement, « nous avons voté pour la mise en place du scoring pour les crèches, cela peut en effet éviter les accusations de clientélisme de la municipalité. Néanmoins, je veux bien qu’on objective tout, mais on gère la pénurie : il y a un problème de construction de logement et de crèches. Et puis la gestion de l’urgence sociale, elle, n’est pas scorable » indique le conseiller municipal d’opposition.

Besançon, Bordeaux, Mérignac, Metz, Toulouse, Versailles et Villejuif sont les autres municipalités pilotes de ce « scoring », qui pourrait être une solution à terme pour de nombreuses doléances soulevées ces dernières semaines un peu partout en France.