Georges Tron est acquitté. C’est l’information qu’il fallait retenir de cet épisode judiciaire en appel qui l’opposait, lui et son ancienne adjointe à la Culture, Brigitte Gruel, à deux anciennes employées municipales de la mairie de Draveil (lire dans nos archives). Ils comparaissaient pour des faits de viol en réunion et agression sexuelle en 2011, sur un fond de fétichisme bien plus dérangeant que risible dans ses rebondissements, alors en pleine affaire Dominique Strauss-Kahn. Le maire depuis 1995 et réélu en 2014 a été finalement acquitté jeudi dernier par le ténor du barreau Éric Dupond-Moretti, par la cour d’assises de Seine-Saint-Denis.

Cet acquittement sonne comme la fin d’un « buzz » médiatique dont l’élu se serait sans doute aisément passé, et qui avait mis en lumière son appétence pour la réflexologie plantaire. Le procès avait d’abord eu lieu en décembre dernier, mais avait été ajourné, faute de temps pour les délibérations.

Comment le procès Tron a tourné au fiasco (décembre 2017)

Georges Tron ressort donc blanchi par les Assises de Bobigny, même s’il devra maintenant composer avec le poids de ces accusations, et du souvenir qui restera maintenant attaché à cette affaire qui porte son nom. « J’ai passé sept années extrêmement difficiles. Je pense à ma famille. J’ai conscience que mon sort est entre vos mains. Je suis totalement innocent des faits qui me sont reprochés » déclarait le prévenu avant les délibération de la cour. Quant aux deux victimes présumées, les recours semblaient très minces au sortir du procès, et chacune avait laissé entendre qu’elle souhaitaient passer à autre chose, elles aussi.

Le « Pot de Fer » ?

L’acquittement d’un maire, défendu par un ténor du barreau, face à deux modestes employées municipales a également suscité normalement de réactions, notamment politiques, à l’heure de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Alors que cette affaire faisait écho à l’échelle de l’Essonne à l’affaire « DSK » qui se déroulait au même moment en 2011. Certains n’ont pu s’empêcher d’y voir le « Pot de Fer » s’en sortir indemne si l’on se place du point de vue des victimes, comme l’ancienne secrétaire d’Etat Juliette Méadel qui s’est exprimée en ce sens. Mais la justice a tranché et conclue qu’il n’y avait pas assez d’éléments à charge pour condamner Georges Tron, tout comme son ancienne adjointe.

Rebondissement ce mardi avec la formation d’un appel, par le parquet de Paris : « Au regard de l’acquittement prononcé et à la lumière des motivations fournies par la cour, le parquet général a décidé de former un appel contre cet arrêt » s’exprime la magistrature. Un nouvel épisode de cette saga judiciaire est donc à prévoir pour Georges Tron, et ce sont cette fois-ci les autorités judiciaires qui sonnent ce rappel. Et une nouvelle citation à comparaître à attendre dans les prochaines années pour l’ancien secrétaire d’État et maire de Draveil.