Ce jeudi 22 septembre, le président de l’Association de Solidarité en Essonne avec les Familles Roumaines et Roms (ASEFRR) était convoqué au tribunal de proximité d’Evry pour avoir entreposé sur la voie publique plusieurs tonnes de déchets, ramassés lors d’une opération de solidarité au sein d’un bidonville rom. Une forte mobilisation l’a accompagné devant le tribunal, où il a été relaxé après l’audience.

  • Photo : Une manifestation de soutien à Serge Guichard dans les rues d’Evry a rassemblé près de 400 personnes (Julien Monier / Essonne Info)

Serge Guichard est un militant de longue date. Impliqué depuis 15 ans pour la cause des Roms, il a créé avec plusieurs plusieurs de ses compagnons de route l’Association de Solidarité en Essonne avec les Familles Roumaines et Roms (ASEFRR). Dans un portrait de cet homme réalisé par Claude Askolovitch sur le site de l’hebdomadaire Le Point, on en apprend plus sur ses motivations.

Il reçoit au mois d’août un avis de comparution au tribunal de proximité d’Evry, pour l’organisation d’une opération de ramassage d’ordures au mois de mars au bidonville rom de Corbeil-Essonnes Ormoy (lire notre article). Après moins d’une heure d’audience ce jeudi, la représentante du procureur a préconisé l’abandon des charges retenues contre lui. Le juge de proximité a ensuite relaxé le prévenu.

Ce jeudi midi, une manifestation de soutien était organisée dans les rues d’Evry, jusqu’au tribunal, avant l’audience de Serge Guichard. Selon le décompte d’Essonne Info, entre 380 et 400 personnes ont participé à ce défilé, qui s’est rendu de la place des Terrasses de l’Agora au parvis du Palais de Justice, en passant par la mairie d’Evry pour la remise d’un courrier à l’adresse du maire.

  • Photo : Raymond Gurême (au micro) apporte son soutien à Serge Guichard (en second plan) – JM/EI

Au cours de la conférence de presse donnée à la suite de la manifestation, Serge Guichard a réaffirmé son combat « contre les expulsions » des bidonvilles. Il a également insisté sur la nécessité de « scolariser les enfants » et le besoin de procéder à des dératisations dans les squats et d’installer des sanitaires. Il a également remercié les élus présents et des lettres de soutien de Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent ont été lues. Pour Farid Bennaï, du collectif D’ailleurs nous sommes d’ici, cette comparution correspond à « un contexte de criminalisation de l’action militante et des militants » .

« La solidarité n’est pas un délit » a lancé Serge Guichard aux manifestants présents. Puis, la parole a été donnée à Raymond Gurême, dernier survivant du camp d’internement des Gens du voyage de Linas-Monthléry de 1940 à 1942. « Pour quelle raison on les accuse, alors qu’ils rendent service? » a demandé à une foule attentive le vieil homme. Présent en soutien à Serge Guichard, Raymond Gurême est venu manifester sa solidarité.

Jérôme Guedj, le président du Conseil Général (CG), a remis une lettre de soutien de son instance. Il a annoncé que le Préfet serait interpellé sur « l’organisation d’une table ronde départementale sous l’égide de l’Etat » pour rêgler la question de l’accueil des Roms dans le département, lors de la séance publique du CG prévue lundi.