Dans la nuit du 22 au 23 octobre dernier, l’incendie d’une décharge sauvage dévastait les abords d’un campement dans lequel logeaient une cinquantaine de familles Roms (lire notre article). L’incendie a eu lieu sur la commune de Ris-Orangis, à proximité de l’hippodrome, non loin du lieu retenu à l’époque pour le projet du « Grand Stade » de rugby, avorté en 2016 avec l’arrivée de Bernard Laporte à la tête de la fédération.

Les familles vivaient sur un terrain vague, à proximité d’un monticule de déchets, dont les riverains de Bondoufle se plaignaient depuis cet été. Désœuvrés à la suite du sinistre, les rescapés – même si aucune victime n’est recensée- ont été pris en charge par la mairie de Ris-Orangis, qui leur a ouvert la porte d’un gymnase le soir même de l’incendie. L’ensemble des occupants du bidonville ont ensuite été logés dans des hôtels sociaux par les autorités.

Des questions sur l’origine du sinistre

Une enquête a été ouverte pour déterminer les origines de cet évènement suffisamment conséquent, qui avait d’ailleurs encombré la circulation sur la nationale 104 proche, le lendemain de l’incendie. Le sinistre dans sa totalité aura mobilisé les forces du SDIS pendant 3 jours jusqu’au vendredi, et les fumées dégagées par les déchets ont pu être vues jusqu’à plusieurs kilomètres aux alentours. Des doutes subsistent enfin du côté des riverains au sujet de la toxicité des émanations de la décharge, après que les autorités aient présenté des analyses sans relever de nocivité pour la santé.

La préfecture et la municipalité affirment de leur côté que des actions étaient déjà dans les tablettes pour déblayer le terrain sujet à de nombreux dépôts sauvages. Le départ de l’incendie de ces déchets ne serait enfin pas du fait des familles occupant le site selon toute vraisemblance. Mais celles-ci, suivie par l’association locale Colib’Ris (lire plus bas) sont de fait évacuées des lieux.

Le point avec David Rouiller, responsable des Colib’ris

Votre association est récente. Pour quel objectif a t-elle été créée ?

C’est une association qui a été lancée en 2013 alors que s’était installé à Ris-Orangis un campement rom (lire dans nos archives). Comme bon nombre d’associations, nous sommes sensibles aux conditions de vie précaires de ces familles. D’où la création des Colib’ris dont l’objectif est de leur redonner le moral.

Ils se trouvaient en périphérie de la ville de Ris-Orangis sur la nationale 7. Certains venaient d’expulsions de Viry-Châtillon. Nous ne voulions pas laisser ces gens sur le bord de la route. Nous souhaitons au contraire les intégrer dans la société, discuter avec eux de leurs difficultés, de leur avenir…

Image du camp ou logeaient les familles de Roms, à proximité de la décharge (DR- DR)

Comment se traduit votre implication sur le terrain ?

Une aide leur est apportée, pour la construction d’une cabane par exemple ou la donation de produits hygiéniques. Nous disposons d’un budget assez restreint comme nous ne sommes pas subventionnés.

L’insertion professionnelle des adultes et la scolarisation des enfants sont également mises en avant. Notre action se résume en plusieurs points comme contribuer à envoyer les enfants à l’école et faire jouer la médiation avec les établissements scolaires, la mairie, le Centre communal d’action sociale.

Le maire de Ris-Orangis, Stéphane Raffalli, a émis des interrogations sur cette ancienne friche, pointant sa dangerosité pour d’éventuels occupants. Etes-vous d’accord ?

Oui, la décharge installée près du campement s’est constituée depuis plus d’un an par des entrepreneurs malveillants qui sont venus se débarrasser de gravats, de matériaux de construction divers et de pneus et aussi, mais dans une moindre mesure, par les ordures ménagères des familles du bidonville. Mais je le répète, les familles ne sont pas responsables de l’incendie comme j’ai pu entendre chez certaines personnes. Avec d’autres associations, nous avons réclamé, en vain, aux communes de mettre des bennes à ordures, alors que les familles étaient prêtes à participer financièrement pour la collecte de leurs ordures.

Quel sera votre prochain champ d’action en faveur de ces « naufragés » ?

Après l’incendie, les familles ont été amenées au gymnase Albert-Camus, à Ris-Orangis avant d’être temporairement logées dans différents hôtels sociaux. Pour l’heure, aucune solution n’a été proposée. Nous réclamons un rendez-vous à la préfecture afin de trouver des solutions satisfaisantes et dignes pour ces familles. Nous ne sommes pas des défenseurs des bidonvilles. Nous attendons au contraire qu’ils disparaissent tous. Après, il faut savoir qu’il y a une population fragile et qu’on ne peut pas faire n’importe quoi avec.

Article de Fleury Vuadiambo, Kevin Lhuillier et Christophe Négi