« Des recherches ont été effectuées sur un certain nombre de composés toxiques. Les résultats sont acceptables. Aucune nocivité trouvée dans les fumées », indique-t-on à la préfecture de l’Essonne, après l’incendie survenu à proximité de l’ancien hippodrome de Ris-Orangis, dans une décharge attenante à un bidonville. A la demande des autorités, le laboratoire central de la préfecture de police de Paris (LCPP) est intervenu mardi 23 octobre sur le site, avenue Joliot-Curie. Les experts ont procédé au prélèvement pour établir si la fumée, élevée au-dessus de cette ancienne friche occupée depuis 2014 par des familles roms, présentait ou non un caractère nocif pour la population.

Dans la nuit du lundi 22 à mardi 23 octobre, un incendie s’est déclenché sur le site aux alentours de 22h. Sur place, les secours ont eu le temps de faire évacuer une cinquantaine de personnes qui vivaient à proximité de 21 000 m3 de détritus et de ferraille. 15 000 tonnes de déchets stockés à côté du campement se seraient enflammés. L’origine de l’incendie demeure toutefois inconnue. L’enquête est toujours en cours pour en déterminer les causes. L’incendie a fini par être maîtrisé ce jeudi par les pompiers mobilisés sur place.

Les services de l’Etat ajoutent également que le laboratoire a procédé à des prélèvements « au niveau d’une zone d’activité et d’une zone pavillonnaire situées à proximité du campement » et que « l’ensemble des mesures présentent des teneurs négatives ou tout à fait acceptables pour ce qui est des composés toxiques habituellement recherchés dans l’air ambiant. » Autrement dit, les fumées disséminés n’ont présenté aucune forme toxique, assurent les autorités.

Une partie de la décharge attenante au bidonville de l'hippodrome de Ris-Orangis est partie en fumée, de nombreux autres gravats et déchets restent stockés

Une partie de la décharge attenante au bidonville est partie en fumée, de nombreux autres gravats et déchets restent stockés (KL/EI)

Des résultats rassurants mais qui réveillent des interrogations sur le caractère du site en lui-même. « J’ai alerté les autorités depuis bien longtemps sur la dangerosité de cette installation, déplore le maire de Ris-Orangis, Stéphane Raffalli. J’avais même proposé une solution pour l’évacuation et la sécurisation du site qui n’aurait rien coûté aux collectivités. » Premier chantier lancé, les travaux de sécurisation et la préparation du traitement des déchets qui devraient commencer dans les prochaines semaines. La ville de Ris-Orangis a hébergé dans l’urgence une cinquantaine de ces « naufragés » dans son gymnase Albert Camus dès les premières heures du sinistre. Jeudi soir, l’ensemble des familles étaient relogées dans différents hôtels sociaux, même si aucune solution durable n’a été proposée.

Cet incident avait paralysé une partie de la circulation sur la N 104 une bonne partie de la journée du mardi. A noter que les associations de soutien aux populations roms évacuées du campement ont alerté sur le climat tendu qui les opposaient aux autorités, notamment sur la question de ces déchets et de leur traitement. Elles affirment également qu’une bonne partie de ces nombreux déchets sont le fait « d’entrepreneurs indélicats » qui déposent leurs gravas sur place depuis plusieurs mois.

La circulation a pu reprendre sur l'axe longeant l'hippodrome de Ris-Orangis, après la résorption de l'incendie par les pompiers essonniens

La circulation a pu reprendre sur l’axe longeant l’hippodrome de Ris-Orangis, après la résorption de l’incendie par les pompiers essonniens (KL/EI)

Kevin Lhuiller – Fleury Vuadiambo