Les vacances d’automne, plus connues sous le nom de vacances de la Toussaint, s’écoulent paisiblement à Saint-Pierre-du-Perray. Chaque matin, des grappes d’enfants investissent les deux centres de loisirs de la commune. Gavroche pour les maternelles, Manureva pour les élémentaires. Comme dans toutes les villes, les parents qui travaillent peuvent compter sur ce mode de garde durant les congés scolaires, si un grand-parent ou autre n’est pas disponible. Mais ce retour à la « normale » durant cette période, ne suffit pas à faire oublier le problème survenu l’été dernier au sujet des centres de loisirs de la commune.

« Pas de problème sur ces vacances, les deux centres sont bien ouverts » nous confirme une mère de famille, avant d’embrayer : « heureusement vu les remontrances qu’a eu la mairie cet été », car rappelle-t-elle, « le centre (maternelle) a été fermé pendant un mois fin juillet et août, et ça c’est scandaleux ». Début août, elle est la première à nous contacter, et sera suivie de plusieurs parents de Saint-Pierre-du-Perray, tous s’estimant victimes de la situation. Le 23 juillet, ceux-ci apprennent, par un affichage de la municipalité, que les enfants de maternelle, habituellement gardés dans le centre de loisirs Gavroche, sont regroupés pour le reste de l’été avec les enfants des écoles élémentaires de la ville, au sein du centre de loisirs Manureva. « On nous a expliqué qu’il n’y avait plus de directeur pour le centre des maternelles » raconte Myriam, qui se voit obligée fin juillet de déposer son enfant côté Elémentaire. Celle-ci constate rapidement que faute de place, les plus petits « sont gardés dans des salles de classe de l’école, car une partie du site est en travaux ». Résultat, « des conditions loin d’être idéales pour les enfants », et avec la chaleur de l’été, « je les ai récupéré à plusieurs reprises complètement en sueur ».

Sarah est une autre mère de famille. Elle estime également avoir été complètement prise au dépourvu par cette modification estivale. « La salle des petits était climatisée, mais à 9h il faisait déjà 27 degrés » décrit-elle plusieurs semaines après. Comme sa collègue, elle ne blâme pas l’équipe d’animateurs chargée de s’occuper de leurs enfants au centre de loisirs, « ils faisaient ce qu’ils pouvaient, ils ont même du aller chercher des jouets dans l’autre bâtiment avec des brouettes ». Car sans équipements et matériels suffisants, les journées des enfants se résument bien souvent alors à du coloriage, regarder la télévision, « et une sortie par semaine » tient à préciser Sarah.

La mairie tente d’amadouer les familles

Dès le mois d’août, puis à la rentrée septembre, plusieurs parents font le siège de la mairie, afin de demander des comptes. « Ce n’est pas correct, car on n’avait pas été prévenus avant » s’indigne Myriam, « sachant qu’on nous demande de réserver le centre de loisirs au plus tard 2 mois avant ». Comme elle, ils sont alors des dizaines à demander le remboursement de la période facturée, « ou du moins des jours de centre offerts pour compenser », poursuit-elle. Refus net de la ville. Malgré un signalement à la préfecture et sa direction de la protection des personnes, la commune de Saint-Pierre-du-Perray se borne à répondre aux parents que la structure d’accueil était bien aux normes. Face à la bronca persistante en ville depuis la rentrée septembre, la maire Catherine Aliquot-Vialat a fini par reconnaître les dysfonctionnements estivaux.

Dans une lettre adressée aux familles concernées le 17 octobre, dont Essonne Info a eu copie, la maire revient sur ce été durant lequel « le centre Gavroche a été fermé et les enfants ont été installés dans l’école maternelle Manureva », spécifiant d’emblée que « la canicule n’a pas facilité les choses ». Elle ajoute qu’avec cette chaleur, les enfants ont du rester à l’intérieur pour être protégés, et que « les équipes d’animation ont fait le maximum pour que votre enfant profite de ses vacances et fasse des activités » leur dit-elle. Avant de concéder : « malgré tout, nous ne sommes pas entièrement parvenus à notre objectif ». En guise de compensation, les enfants du centre de loisirs maternelle concernés sont donc invités à « une représentation théâtrale exclusive et gratuite », le 10 novembre prochain. « Au moins ils reconnaissent leurs tords » réagit Sarah, qui comprend que la mairie a voulu avec ce geste « s’excuser auprès des enfants, car ce sont bien eux qui ont été victimes de tout ça ».

Un problème « plus profond »?

La ville ne veut toutefois pas rembourser les parents du mois estival chaotique. « Ce n’est pas la faute de la ville » spécifie-t-on aux sein des services, tout en assurant qu’au niveau de la commune de Saint-Pierre-du-Perray « on a bien pris en compte les demandes des parents, on ne procédera plus à cette fusion de de centre » jure-t-on. Même message diffusé auprès de représentants de parents récemment rencontrés par la maire, ses adjoints et le service enfance. Cette concession ne convainc pourtant pas Sarah, qui considère que « certes, ils ont promis qu’ils ne feront plus le regroupement, mais les parents ont tout de même été lésés ». Myriam, elle n’en démord pas, et n’a pas l’intention d’en rester là : « j’emmènerai mes enfants au spectacle, mais ensuite, je porterai plainte. Il y a un préjudice moral pour les enfants et parents du aux conditions d’accueil au centre cet été, mais ce n’est pas tout : il y a de gros problèmes dans les écoles, des fuites dans le dortoir, des trous dans la cour.. c’est une mise en danger de nos enfants ».

Cette mère de famille promet de ne pas lâcher la municipalité, et a d’ores-et-déjà porté des signalements à l’Education nationale et la PMI (Protection maternelle et infantile). Comme elle, certains parents considèrent que le problème est « plus profond » au sein de Saint-Pierre-du-Perray. A l’image de Elodie, une « maman en colère » comme elle se présente, et qui a déjà écrit à la DDCS pour se plaindre des conditions d’encadrement des enfants sur les temps périscolaires. Elle a récemment lancé une pétition auprès des parents dont les enfants fréquentent le service jeunesse. « Ce service a été complètement réorganisé, les ados ne peuvent plus choisir les activités » décrit-elle. Plus globalement selon cette mère de famille, « il y a de gros problèmes d’infrastructures pour les jeunes, les enfants » à Saint-Pierre, en donnant l’exemple d’animateurs qui « achètent du matériel avec leurs propres fonds, car on ne leur donne pas les moyens de travailler » s’indigne-t-elle. Contactée à plusieurs reprises, la maire Catherine Aliquot-Vialat n’a pas donné suite à nos demandes d’entretien.

Les enfants ont du composer avec les déménagements et travaux estivaux, à Saint-Pierre-du-Perray

Les enfants ont du composer avec les déménagements et travaux estivaux, à Saint-Pierre-du-Perray (Photo Parents)