Police municipale à l’interieur de la mairie, police nationale à l’extérieur sur le parvis : ‎la séance exceptionnelle du conseil municipal de Vigneux, après le départ de Serge Poinsot, était pour le moins attendue, ce samedi matin. Soutiens de la municipalité comme opposants, ils sont une petite centaine à s’être déplacés pour suivre l’élection du nouveau maire. Et comme attendu, la majorité municipale a plébiscité Thomas Chazal, 36 ans, pour succéder à l’ancien maire, démissionnaire suite à sa mise en examen. Ecroué à Fresnes fin juillet pour des soupçons de blanchiment de fraude fiscale et corruption, il a quitté son poste de maire début octobre et a été libéré sous contrôle judiciaire dans la foulée.

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Le successeur de Serge Poinsot, maire de 2001 à 2018, a été élu à la majorité des suffrages face à la candidature symbolique de la conseillère d’opposition Danièle Passarrieu. Ses premiers mots ont été à destination de son prédécesseur, saluant « sa décision courageuse » de démissionner, et lui souhaitant de « se défendre sereinement et apporter la preuve de son innocence ». Avant de déclarer vouloir « préparer l’avenir et tenir bon » concernant la commune. Du côté de l’opposition, qui réclame unanimement la démission de l’ensemble de la majorité, « on ne cautionne pas » cette élection, a lancé en séance Jacques Stouvenel (RBM), qui parle d’un « jeu de chaises musicales » et d’une passation qui se résume en « blanc bonnet et bonnet blanc ». « Cette réunion tient du vaudeville » a pour sa part dénoncé la conseillère Danièle Passarrieu (PS), parlant de « la souffrance de notre ville ».

L’ancien opposant devient adjoint au maire

Aboubé par le président du ‎Département François Durovray, le nouveau maire de Vigneux se place lui dans une position de « changement » par rapport à l’ancien maire : « ce n’est pas une continuation, ni une rupture, on va adapter les choses au mieux » promet-il, en plaidant pour une démarche de « concertation ». avec la population. Thomas Chazal entend ainsi « garder la même dynamique » en vue de cette fin de mandat, avant de viser la réélection en 2020. « Nous avons du pain sur la planche » ajoute le nouveau maire, illustrant son propos par les principaux chantiers en cours, comme les travaux sur la Tour 27 à la Croix Blanche ou dans le secteur de la place du 8 mai. Si il reconnait un « contexte particulier » à son accession à la tête de la municipalité vigneusienne, il ne veut pas être assimilé aux soupçons de malversations entourant l’ancien maire, et à la question de savoir si il pourrait être éclaboussé par ces affaires, il répond d’un « non » laconique.

Au contraire, assure Thomas Chazal, son élection comme maire lui permet de « rassembler au delà » de la précédente majorité, en enregistrant de nouveaux soutiens. C’est ainsi qu’à l’issue de son élection, une nouvelle liste d’adjoints a été présentée puis votée, dans laquelle la surprise est venue de la présence de Fouad Sari, nommé 11è adjoint au maire. Cet ancien élu de la majorité puis opposant écologiste à l’actuelle municipalité a décidé de rejoindre la nouvelle équipe autour de Thomas Chazal pour explique-t-il, « participer, après 10 ans dans l’opposition » à la vie municipale. Désormais « centriste », il explique avoir fait ce choix car « chacun a bien compris que la page Serge Poinsot a été tournée », et souligne que pour lui, Thomas Chazal « a fait ses preuves » pour devenir maire. Ce dernier prend donc ses fonctions « dès ce lundi » et proposera au prochain conseil municipal, ce jeudi, un « ajustement » des délégations de ses adjoints, pour dit-il « les adapter aux réalités du quotidien ».