La nouvelle commune du Mérévillois entérine la création de sa future entité administrative dans le sud de département ce vendredi. Une cérémonie y est organisée à l’actuelle mairie de Méréville, et futur hôtel de ville de ce regroupement, qui entrera en vigueur au 1er janvier 2019. Les communes de Méréville et Estouches ont délibéré dans ce sens respectivement les 2 et 9 juillet dernier. Une officialisation de cette commune nouvelle dans le sud du département, en présence du préfet, mais sans l’actuel maire de Monnerville, Jean-Pierre Beljambe, pourtant fervent défenseur du processus et au départ troisième commune impliquée dans ce dossier. Les modalités d’organisation des futurs services municipaux ont été redéfinies après le retrait du troisième conseil municipal, finalement réfractaire au mois de juin.

Une « déception » de ne pas faire partie de la commune nouvelle, selon Jean-Pierre Beljambe, qui « n’aura peut-être pas su relancer la chose », initiée par Jacky Billard, l’ancien maire décédé en octobre 2017. Le département passera cependant bien de 196 à 194 communes en 2019, avec un projet similaire qui connaît plus de retentissement. Ce jeudi soir, les villes d’Evry et de Courcouronnes, au nord du département, ont adopté leur ‘charte’ de la commune nouvelle, et approuvé le cadre de leur alliance (lire notre article). Une similitude qui s’arrête là, puisque le Mérévillois comptera une population totale de 3462 habitants, contre plus de 68 000 pour la nouvelle ville préfecture.

« Une bonne partie des affaires courantes étaient déjà traitées sur Méréville et concernaient les habitants des deux communes » indique-t-on en mairie de Méréville, en illustrant par le fait que « de nombreux enfants d’Estouches bénéficiaient déjà de nos associations sportives ou culturelles ». L’objectif annoncé est de développer maintenant « plus de services, tout en conservant les accueils états civils déjà existants », est-il précisé. Aux quelques 3200 habitants de Méréville s’ajouteront ainsi les 250 issus d’Estouches. Avec cette alliance, « nous espérons attirer de nouveaux commerces et services de proximité » poursuivent les initiateurs du projet, « nous avons la Poste qui va ouvrir prochainement, mais oui, l’idée est continuer à développer tous les aspects, que soit associatif, sociaux, et bien évidement les sujets d’urbanisme ».

Le maire de Monnerville dépité

Car cette fusion ne s’est pas faite sans soulever un certains nombre de points plus techniques. Le changement du nombre d’habitants, ainsi que la redéfinition des zones d’imposition, ou encore l’entrée dans les conditions relatives à la construction d’HLM ont donné du grain à moudre aux élus locaux impliqués dans le processus. La complexité de la chose a d’ailleurs finalement refroidi les conseillers monnervillois, qui ont majoritairement décidé d’interrompre leur participation. « Il a fallu poursuivre sans la commune de Monnerville, mais oui, pour nous la décision du conseil municipal en juin a été une surprise » explique-t-on du côté du Mérévillois, « le maire était très impliqué dans ce projet ».

« Vous savez, nous sommes une petite commune… » commence Jean-Pierre Beljambe, « on a environ 420 habitants sur Monnerville, 350.000 euros de budget, on fait avec des rustines, mais on arrive à faire comme on peut avec un peu bonne volonté », poursuit-il afin de situer le contexte de cette prise de « décision surprenante » pour lui aussi. Sa commune faisait partie intégrante du projet depuis le début, mais lors des débats organisés avec les habitants, la question du passage à plus de 3500 habitants et la redéfinition des cartes fiscales n’ont pas su être bien expliquées. « En 12 ans on remettait tout à plat, ce n’était pas fait n’importe comment » déplore le maire, « cela restera l’un des plus grands regrets de ma vie.. » confie-t-il, ému : « le vote (en conseil municipal) s’est fait sans aucune explications, j’avais pourtant prévu du temps avant et après la séance pour en débattre, je n’ai pas su relancer le projet ».

Le Mérévillois se fera donc sans Monnerville, et Monnerville devra faire sans Jean-Pierre Beljambe en 2020. « Pour moi en tout cas c’est officiel » poursuit le maire qui ne se représentera pas. « Je l’ai pris personnellement, alors que je suis parfois à la mairie de 05h du matin à 0h00, ce qui engendre des problèmes personnels… Je n’y retournerai pas lors des prochaines élections, j’ai pris ma décision ». Ce vendredi, lors de la signature de l’arrêté préfectoral scellant la naissance de la nouvelle commune du Mérévillois, l’absence de Jean-Pierre Beljambe aux côtés de David Loignon – Estouches – et de Guy Desmurs – Méréville – est cette petite chose qui manquera à la fête pour qu’elle soit totalement réussie.