C’est un terrain de 25 hectares, localisé entre les bras de l’Yvette et de la Boêle, qui pourrait accueillir dans les prochains mois, une grande partie des déblais du chantier de la ligne 15 du Grand Paris express (sud 92 et 94). Et si le projet annoncé est de bâtir par dessus ces déchets inertes un nouveau parc naturel, l’idée est loin de faire l’unanimité.

Notre dossier : Déblais du Grand Paris express cherchent terre d’accueil

En cette rentrée, les opposants à ce qu’ils appellent « la montagne de déchets », ont décidé de lancer la mobilisation contre le projet du groupe ECT, spécialisé dans la gestion de remblais et matériel inerte. Avec 150 camions par jour pendant 5 ans, un total de 2,7 millions de tonnes de déblais doivent être entreposés sur cette zone en friche, sur lesquels sera aménagé un parc.

Le projet est notamment porté par la mairie de Villebon, ainsi que le syndicat de la vallée de l’Yvette (Siahvy), qui y voit l’opportunité de recréer une zone humide « sur l’ancien hippodrome de Villebon » ainsi qu’une zone d’expansion de crue, selon son président Michel Barret. Ce terrain, « qui est actuellement une décharge », verra ainsi se réaliser « 22 hectares de promenade » ouverts au public, souligne pour sa part Dominique Fontenaille, le maire de Villebon.

Des arguments qui sont loin de convaincre les quelques 200 personnes, réunies ce vendredi au départ de la mairie de Champlan, pour une marche de protestation face à ce projet. A la tête de la fronde, le maire de la commune, Christian Leclerc, pour qui après avoir écrit des dizaines de courriers, « il faut aujourd’hui descendre dans la rue pour se faire entendre ». Alors que la crue de l’Yvette de 2016 reste dans les mémoires, ce projet d’entreposage de déchets lui semble « incohérent » : « on a besoin au contraire de zones tampon quand l’eau monte, là on va rajouter jusqu’à 10 mètres de surface » (lire dans notre dossier abonnés)

Le cortège composé d’habitants des environs, de militants écologistes et associatifs, ainsi que quelques maires ruraux solidaires, a traversé les rues de Champlan, guidé au mégaphone par le maire, avant de rejoindre Palaiseau et sa sous-préfecture, où se tenait en même temps une réunion des autorités sur le sujet. Dans la foule, deux riveraines se disent remontées par la venue annoncée des déblais : « on ne veut pas de leurs déchets, à Champlan on a déjà le bruit, la pollution, c’est déjà suffisant. Dans ce projet, le nombre annoncé de camions (150 par jour) est énorme ».

La commune de Champlan et son maire Christian Leclerc sont en première ligne de la contestation au projet de stockage de déblais du Grand Paris express, dans une prairie située entre Villebon et Champlan

La commune de Champlan et son maire Christian Leclerc sont en première ligne de la contestation au projet de stockage de déblais du Grand Paris express (JM/EI)