Onze. C’est le nombre de suicides comptabilisés au sein des détenus de la prison de Fleury-Mérogis depuis ce début d’année. Le site ActuPénitentiaire faisait même état d’une nouvelle tentative ce jeudi matin. Onze (10 hommes, 1 femme), soit plus que le total de ces deux dernières années. Un chiffre pour le moins inquiétant pour la plus grande maison d’arrêt d’Europe et ses quelques 4200 détenus. En juillet dernier, c’est le décès d’un jeune (21 ans) détenu d’Epinay-sous-Senart qui avait particulièrement ému. Une marche dans les rues de sa ville avait même réuni environ 400 personnes, alors que certains proches refusaient de croire au suicide.

Quelques semaines plus tôt, c’est une autre marche qui s’était déroulée devant les locaux de la maison d’arrêt essonnienne, mais cette fois, après le suicide d’un jeune surveillant de 27 ans (non comptabilisé dans les 11 suicides). Des cas aussi alarmants les uns que les autres, et qui ont visiblement du mal à s’expliquer, alors qu’une enquête est automatiquement ouverte après chaque décès. Une chose est sûre, « toutes les enquêtes menées jusqu’ici (les dernières n’ayant pas rendu leur verdict) n’ont pas donné d’éléments contraires au suicide », affirme le parquet d’Evry.

Les regards se tournent donc logiquement sur les conditions de détention et de travail. Les nombreuses manifestations des surveillants pénitentiaires laissent clairement à penser que ces dernières tendent à être améliorées, d’autant plus que la surpopulation carcérale touche la majorité des maisons d’arrêt de l’hexagone. Les conditions de détention sont néanmoins, elles, réputées comme étant « meilleures » que celles d’établissements voisins, à l’instar de celui de Fresnes. Qu’importe, l’heure est à la quête de solutions afin d’éradiquer ce fléau. « A la rentrée, une réunion aura lieu entre les services du parquet, l’administration pénitentiaire et les services de soins », indique le parquet qui profitera de cette réunion pour se pencher sur le profil des suicidaires, et ainsi en dégager des enseignements. « On va voir ensuite ce que l’on peut améliorer et éviter ces suicides, si toutefois il est possible  de faire quelque chose ». Du changement est attendu.