C’est un événement « sans conséquences » pour ‎le personnel ou l’environnement, mais qui a conduit le CEA de Saclay à demander un classement au niveau 1 de l’échelle INES, qui répertorie les incidents nucléaires sur le plan international. Comprenant une graduation de 0 à 7, ce système permet de connaître les différents événements liés au parc nucléaire français. C’est l’autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui tient à jour le compteur. Le 19 juillet dernier, fait savoir le CEA, « lors de travaux préparatoires pour la poursuite du démantèlement d’un local de l’installation nucléaire de base (INB) 49 du centre CEA Paris Saclay, le contrôle du système de détection incendie a révélé des dysfonctionnements ». Suite à ce constat et d’autres contrôles, « des dysfonctionnements analogues » ont été relevés dans d’autres locaux de la même installation.

Le Commissariat à l’énergie atomique de Saclay souligne par ailleurs que « le dernier contrôle semestriel de ces équipements remontait à septembre 2017 au lieu de février 2018 », selon les règles en vigueur. Et même si ces dysfonctionnements « n’ont entraîné aucune conséquence sur l’installation, le personnel ou l’environnement » ajoute la direction de l’organisme de recherche, des mesures « correctives ou compensatoires » ont été prises par l’institution. En clair, tous les travaux de démantèlement de l’installation sont suspendus, et « un diagnostic complet du système de surveillance incendie est en cours avec réparation ou remplacement des équipements défectueux » précise le CEA à Essonne Info.

Il s’agit de l’une des INB (Installation nucléaire de base) appelée INB 49 ou « Laboratoires de haute activité » (LHA), située à l’intérieur du site du CEA de Saclay, qui en comprend 9, exploitées par l’organisme de recherche et la société Cis-bio. Les laboratoires situés à l’intérieur de cette installation étaient dédiés à des manipulations sur des radioéléments ou à la « production de sources radioactives », avec des usages aussi bien pour « la R&D sur les matériaux irradiés » que dans le domaine des « sciences du vivant » indique le CEA. L’organisme qui compte quelques 7000 chercheurs et salariés sur son site de Saclay confirme que les laboratoires en question « sont en cours de démantèlement », sauf deux qui ont « été réaménagés et restent en activité ».

Interrogé sur la présence de combustible ou de matière radioactive au sein de l’INB 49, le CEA assure enfin qu’il n’y avait pas de combustible dans cette installation, et que « la quantité de radioactivité présente dans cette INB (hors laboratoire en activité) se limite aujourd’hui à un résiduel de matière radioactive dans les procédés encore présents (réseau de ventilation, enceinte blindée en cours de démantèlement) et les colis de déchets produits ». Contactée pour obtenir plus d’éléments, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), n’a pas donné suite.