Lorsque Gustave Flaubert visite en 1850 Istanbul, alors Constantinople, il découvre avec émerveillement une « fourmilière humaine » en qui il voit la future « capitale du monde ». Entre Orient et Occident, tradition et modernité ; les visiteurs sont fascinés par la convivialité et l’excessive hospitalité dont font preuve les Stambouliotes.

Le bruit des mouettes survolant les ferries reliant l’Europe à l’Asie, les cris marchands du vendeur de simit (bagel turc aux graines de sésame) essayant d’attirer des clients affamés, la musique entraînante des danseurs de rue, la joie de ces joueurs de backgammon attablés autour d’un thé… Le décor est planté. Et c’est précisément pour ce décor et cette atmosphère de vie alla turca que Laure, jeune bondoufloise, a choisi il y a six ans de s’y installer. « J’ai eu un réel coup de foudre pour le pays en général et pour sa culture », nous confie la jeune essonnienne avec un brin d’excitation dans sa voix. Et s’il s’agit du sixième été qu’elle passe dans la ville aux sept collines, le parcours atypique de Laure fait de la jeune femme une expat’ pas comme les autres…

Une Essonnienne au pays de Mustafa Kemal

Et c’est en 2004 que la Bondoufloise découvre la Turquie pour la toute première fois lors d’un séjour touristique à Bodrum, dans le sud-ouest du pays. « C’est à ce moment-là que je suis tombée sous le charme de la Turquie », se souvient la jeune femme passionnée d’histoire et qui rêvait petite d’être archéologue. Si Bodrum offre un cadre idyllique aux touristes venus se dorer la pilule au bord de la mer Égée, Laure, elle, préfère se fondre au milieu de la population locale. « J’étais tout le temps au contact des locaux. J’ai pris le bus avec eux. Certaines fois, dans le bus, des personnes m’offraient leur place parce qu’ils descendaient à la prochaine station. J’étais très étonnée car je n’avais jamais vu cela en France, raconte la jeune femme, peu importe où j’allais, les gens prenaient de leur temps pour m’aider », ajoute-t-elle. Laure est fascinée devant une société turque extrêmement attachée aux valeurs de respect et de tolérance. « Ce que j’ai le plus apprécié c’est ce respect envers les personnes âgées. En plus du respect, j’avais l’impression d’être plus en sécurité en Turquie plutôt qu’en France. Par exemple, je sais qu’à Paris, je ne poserai jamais mon téléphone en terrasse, en Turquie il n’y a aucun souci là-dessus  », nous révèle la jeune bondoufloise.

A son retour en France, Laure termine sa licence en Langues Etrangères Appliquées anglais/allemand à l’Université d’Evry. A cette époque, les discussions sur une éventuelle adhésion de la Turquie à l’Union Européenne vont bon train, amenant la jeune femme à s’interroger sur son avenir professionnel. « Lorsque j’ai commencé mes études, j’avais pour objectif de m’orienter vers le commerce international. Et je m’étais dit ‘pourquoi pas apprendre le turc pour aller vivre et travailler en Turquie’  », confie Laure, consciente du potentiel économique du pays de Mustapha Kemal.

Ni une, ni deux, à sa sortie de la fac d’Evry, la jeune essonnienne pousse les portes de l’INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales) et s’inscrit en formation intensive pour apprendre le turc. La première année se passe à Paris où Laure s’entraîne à apprivoiser les spécificités de la langue. « C’est une vraie gymnastique pour le cerveau, parce que les mots ne sont pas placés dans le même ordre qu’en français », admet-elle.

Pendant sa deuxième année de formation, Laure connaît pour la première fois l’expatriation à travers le programme européen Erasmus, lui offrant l’opportunité d’étudier pendant un an à la prestigieuse Université d’Istanbul. Au cours de cette année, la jeune femme se retrouve plongée en plein cœur de la culture turque. « Le fait d’être touriste et d’y vivre, ce n’est vraiment pas la même chose  », avoue-t-elle. Mais ce qui est certain, c’est que l’expérience Erasmus va confirmer le projet d’installation de Laure en Turquie. Lorsqu’elle rentre en France après son année de mobilité internationale, la jeune essonnienne ne perd pas contact avec le pays de son cœur : « Je faisais plusieurs allers-retours et j’y suis même retournée y vivre six mois dans le cadre d’un stage pour mon Master en commerce international ». Une fois diplômée, celle qui affirme ne pas vouloir « avoir de regrets plus tard » exauce son rêve et s’envole pour l’Anatolie après avoir décroché un contrat d’expat’ dans une grande entreprise française installée à Istanbul.

 « Merhaba  à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver aujourd’hui dans une nouvelle vidéo ! »

En parallèle de sa nouvelle vie de stambouliote, Laure lance il y a presque trois ans, deux chaînes sur YouTube, l’une en français, l’autre en turc. « Au début, je donnais exclusivement des conseils de beauté », se rappelle la jeune femme. Mais petit à petit, la vie d’expat’ de Laure suscite de l’intérêt chez ses abonnés. « Je recevais énormément de questions sur ma vie en Turquie via mes réseaux sociaux mais aussi lorsque je rentrais en France ». Lorsqu’elle raconte son histoire, les gens sont souvent étonnés de son choix. D’après elle, cela est dû, en France, à « une mauvaise connaissance de la culture turque en plus des préjugés véhiculés ». La trentenaire décide alors de proposer un nouveau contenu sur ses chaînes YouTube en proposant des vidéos autour de sa vie en Turquie : « Comment faire du café turc ? », « Ma vie en Turquie », « Conseils pour apprendre le turc », … autant de vidéos pour faire découvrir son pays d’adoption mais aussi pour se « créer des souvenirs » à travers des « vlogs » où elle se filme pendant ses escapades touristiques.

Une petite communauté a ainsi vu le jour autour de la jeune femme. Ses comptes Instagram et YouTube cumulent des milliers d’abonnés, qu’elle appelle affectueusement ses « petits loukoums », et qui la suivent au jour le jour dans ses aventures stambouliotes. A ses abonnés, Laure veut aussi montrer que la vie d’expat’ n’est pas toujours aussi rose. « Aujourd’hui, je suis en contrat local, ce qui veut dire que je n’ai plus les avantages que peuvent offrir un contrat d’expat’ comme un salaire confortable et les nombreux congés payés  », nous confie-t-elle. Au-delà des particularités (parfois contraignantes) des contrats de travail turcs, la jeune femme ne se voit pas vivre ailleurs qu’en Turquie : « Je suis ici chez moi », martèle celle qui se dit parfaitement intégrée à la société turque.

[ TR 🇹🇷 ] Sabah uyandığımda iki basit seçeneğimiz vardır. Tekrar uyuyup rüya görmek veya uyanıp rüyanın peşinden koşmak. Uyandığına göre gerçekleştirmeye başlabilirsin 💪😄 Senin en büyük hayalin nedir? 👇Harika bir gün olsun 💜💛💚💙 . . [ FR 🇫🇷 ] Dans la vie tu as deux choix le matin: soit tu te recouches pour poursuivre ton rêve, sois tu te lèves pour le réaliser. Comme tu es a présent réveillé tu peux commencer à le réaliser des maintenant 😉 Quel est ton plus grand rêve? 👇 Très bonne journée 😘😘 #teamdreamer . . #günaydın #goodmorning #istanbul #turquie #turkey #turkiye #instaturquie #laureenturquie #vlogger #blogger #bosphorus #boğaz #bonheur #mutluyumçünkü #hapiness #positivemind #positivevibes #photography #dreamer #bonjour #motivation #enerjy #liveyourdreams

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Foncièrement positive, la jeune stambouliote s’active sur ses réseaux sociaux à montrer qu’avec du « travail et de la patience », tout devient possible. En plus de son activité salariale dans le marketing et de ses productions audiovisuelles pour YouTube, la mordue de sports est récemment devenue professeur de Zumba, « un rêve que j’avais depuis longtemps  », nous révèle Laure, qui se voit secrètement vivre plus tard dans la région d’Izmir, sous le soleil brûlant de la mer Égée… A suivre.