En juin dernier, Valérie Dupont-Aignan a été embauchée à la mairie d’Yerres, en tant que directrice de la propriété Caillebotte. Elle était auparavant présidente de la fondation dédiée à la valorisation du domaine du célèbre impressionniste. Un recrutement qui a fait tiquer l’association spécialisée dans la lutte contre la corruption de nos élus, Anticor.

Celle-ci a saisi le préfet de l’Essonne le 11 juillet dernier, lui demandant d’exercer son contrôle de légalité concernant la procédure de recrutement. Cette démarche a pour objectif, selon le président de l’association Anticor Jean-Christophe Picard, « de vérifier qu’elle n’a pas bénéficié d’un régime de faveur » dans cette embauche. En effet selon lui, « on peut douter de l’impartialité du maire d’Yerres, très proche de NDA, sachant qu’elle est à l’origine avocate, puis attachée parlementaire, et dans la fonction publique, ça ne se passe pas comme ça normalement ».

Des soupçons de « recasage » de l’épouse de Nicolas Dupont-Aignan sont soulevés par l’association, qui demande « des précisions » au représentant de l’Etat en Essonne. L’intéressée aurait-elle bénéficié d’un passe-droit? C’est ce que Anticor cherche à savoir. « Si ce n’est pas le cas, c’est tant mieux » précise Jean-Christophe Picard. Pour le député et ancien maire, qui travaillait avec son épouse au parlement avant l’application de la loi sur la moralisation de la vie publique, celle-ci n’a bénéficié d’aucun avantage dans ce recrutement : « je n’ai pas voulu me mêler de cette procédure, mais ma femme a sa carrière, ses compétences, son travail est reconnu, notamment tout ce qu’elle a fait pour la propriété ».

La légalité de l’embauche confirmée par la préfecture

Nicolas Dupont-Aignan défend son épouse « qui a le droit d’être elle-même », et ne veut pas que « l’on tombe dans l’excès inverse » de la loi sur la moralisation en « l’attaquant car elle s’appelle Dupont-Aignan ». Interrogé sur la procédure de recrutement, le maire de la ville depuis l’an dernier, Olivier Clodong, assure que toutes les règles ont été respectées et que le profil était le meilleur pour ce poste : « il y a eu 6 candidatures répondant au profil, toutes ont été reçues, Valérie Dupont-Aignan avait le meilleur profil, les diplômes nécessaires et les connaissances requises ».

Sous la houlette d’un directeur général adjoint en charge de la culture, la nouvelle directrice de la propriété Caillebotte n’est pas titulaire de la fonction publique, ce qui pour Anticor pose question : « il y a des règles strictes d’égalité dans la fonction publique, et un recrutement comme celui-ci aurait du d’abord concerner un ‘attaché culturel’ » spécifie Jean-Christophe Picard. « Les autres candidats non plus n’étaient pas titulaires, car on cherchait un chargé d’exposition ou de musée » affirme Olivier Clodong, ce qui d’ailleurs, « est négatif pour nous, car le contrat ne pourra durer que deux ans maximum et il faudra que l’on renouvelle ».

Contactée, la préfecture indique que « l’association Anticor a demandé à la préfecture de l’Essonne de confirmer le contrôle de légalité effectué sur le contrat de recrutement de Madame Valérie Dupont-Aignan en qualité de directrice de la propriété Caillebotte à Yerres ». Selon les services de l’Etat dans le département, « le préfet a confirmé en réponse à l’association que tous les points du contrat d’engagement ont été examinés, conformément aux règles appliquées systématiquement en la matière ». Et le résultat de cet examen donne raison à la municipalité sur sa procédure de recrutement. « Cette analyse n’a pas révélé d’irrégularité », précise la préfecture, ajoutant que « un courier a été adressé à cette association en ce sens le 18 juillet ».