« Il faut faire vite, car l’application de la loi et les nouvelles circulaires à venir ne vont pas dans le bon sens » : Nadia Nguyen est une militante historique du réseau Education sans frontières (RESF) en Essonne. Voilà plus de quinze ans qu’elle suit les évolutions du CESEDA (Code d’entrée et de séjour des étrangers et du Droit d’asile), et participe au soutien de familles dans leurs démarches; à l’image d’autres associations comme la Cimade. Alors elle s’est jointe, comme une centaine d’autres personnes, parents d’élèves, amis.. à la cérémonie de parrainage républicain des trois enfants de la famille Tumbuka-Ndombasi.

Comme de nombreuses organisations oeuvrant à l’accompagnement des étrangers dans leurs démarches, la nouvelle loi « Pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif » adoptée il y a peu (lire notre article), inquiète les membres de RESF, qui s’attendent à de nouvelles expulsions de familles avec enfants scolarisées. Agés de 15, 13 et 10 ans, les trois enfants du couple originaire de République démocratique du Congo (RDC), sont scolarisés au collège et en primaire à Massy. Arrivée en France en mars 2017, la famille a fui le régime qui a emprisonné M. Tumbuka. Celui-ci affirme avoir été victime de violences en prison et pense qu’il sera immédiatement arrêté si il retourne dans son pays d’origine.

Il a déposé une demande d’asile en arrivant en France, mais celle-ci n’a pas été acceptée. Il a ensuite mené un recours auprès de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), et a de nouveau été débouté. Une situation qui pourrait amener la famille à recevoir prochainement une OQTF (obligation de quitter le territoire). Mais pour certains enseignants du collège, ainsi que des parents d’élèves et des paroissiens de la ville, pas question de laisser la famille Tumbuka-Ndombasi à son sort. Un pétition a circulé en fin d’année auprès des parents d’élèves, et certains enseignants se sont engagés auprès de leurs élèves.

Ce parrainage républicain célébré en mairie de Massy est ainsi un moyen de s’engager de manière plus approfondie pour que les enfants puissent continuer leur scolarité ici. « C’est une initiative qu’on accepte de bon coeur » témoigne le père de famille, qui subit les démarches sans savoir quelle sera l’issue : « on se fait aider sur les questions administratives car on se sait pas trop comment tout ça fonctionne ». Pour les enfants du couple, déjà inscrits pour la suite de leur cursus l’an prochain, et pour deux d’entre eux, au club de foot, « on s’engage à fond, car pour moi ces enfants sont comme mes fils » assure M. Laventure, l’un des parrains. Un rendez-vous sera prochainement demandé en préfecture par la famille et ses soutiens, pour tenter d’obtenir une régularisation pour raisons familiales.

Une pétition circule pour demander que la famille Tumbuka-Ndombasi reste en France

Une pétition circule pour demander que la famille Tumbuka-Ndombasi reste en France (JM/EI)