49 000 m² seront prochainement dédiés aux loisirs et à la restauration à Brétigny-sur-Orge, dans le cadre du lancement du tout nouveau parc d’activités commerciales « Les Promenades de Brétigny ». Ce projet aux 57 millions d’euros d’investissement, est né il y a 6 ans en 2012 et s’est finalement concrétisé en juin 2016 ; date du début du chantier, divisé en 3 phases, et qui devrait s’achever au printemps prochain.

L’objectif ? Développer et enrichir l’offre commerciale de la zone d’activité de la « Maison Neuve » et participer au renforcement de son attractivité à l’échelle départementale et régionale. Comment ? Le retail park abritera le premier multiplex Kinepolis d’Ile-de-France. Autour, 9 restaurants « tendances » ouvriront leurs portes ainsi qu’un vaste pôle de loisirs.

24 000 m² réservés au Cinéma et à la restauration

Fin juillet, les « Promenades de Brétigny » accueilleront le tout premier cinéma Kinepolis d’Ile-de-France. 10 salles et 1508 sièges verront le jour. « Nous attendons entre 250 000 et 300 000 entrées pour la première année  », nous indique la direction marketing de Kinepolis France. Coté en bourse, l’exploitant belge est également présent à travers ses 49 multiplexes ouverts au Canada et dans 6 autres pays européens dont la Belgique, les Pays-Bas, l’Espagne et la Suisse.

Mais comment le géant belge compte-t-il se démarquer face aux autres cinémas qui l’entourent (à savoir le cinéma d’Evry 2 lui-même concurrencé par celui de Carré Sénart) ? Sur ce point-là, la direction de Kinepolis nous répond que c’est le « concept original » du multiplex qui la démarquera de ses autres rivaux. Au programme : une sélection assez large et généraliste allant aussi bien des blockbusters américains qu’aux films turcs ou indiens. Mais c’est dans ses équipements à la pointe de la technologie que réside la singularité du concept de Kinepolis : trois salles diffuseront des films en 3D tandis que d’autres seront dotées de la réception satellite pour les retransmissions en direct. « On retransmettra des pièces de théâtre, des opéras du MET de New-York et des ballets du Bolchoï de Moscou », nous confie le groupe belge.

La question se pose aussi de savoir si l’arrivée de ce mastodonte du cinéma ne risque pas de faire de l’ombre au cinéma du centre-ville de Brétigny, le Ciné220. Pour Nicolas Méary, maire UDI de la municipalité, tout sera mis en œuvre pour que chaque salle puisse continuer d’exister : « Des discussions sont en cours avec Kinepolis et les salles de cinéma du centre-ville pour que l’articulation autour de la programmation et de la communication puisse être la meilleure possible », nous confie le maire de Brétigny. A l’inverse, l’inquiétude grandit chez les militants de protection des centres-villes, pour qui l’arrivée de Kinepolis signe la mort des salles de cinéma municipales. « Le cinéma [Kinepolis] va être un véritable danger pour les salles existantes notamment celles du centre-ville. Il y a quatre cinémas qui vont être impactés dont une bonne partie des cinémas municipaux  », affirme Dominique Deboise, vice-président de l’ADEMUB (Association pour la défense de l’Environnement et la maîtrise de l’urbanisation à Brétigny-sur-Orge). Et d’ajouter : « Les salles de cinéma dans le centre-ville vont être désavantagées dans la mise à disposition des films puisqu’elles ne sont pas reliées à un grand circuit de distribution. De surcroît, au conseil local de développement de l’agglomération, nous nous apercevons que les élus n’ont aucune visibilité sur l’avenir de ces salles ».

Du côté de la restauration, huit établissements sur neuf ont déjà ouvert à la mi-juin. Nous avions d’ailleurs suivi, pour l’occasion, le lancement en grandes pompes de l’un d’entre eux ; le « Steak N Shake » dont le gérant n’est autre que le basketteur de NBA, Ian Mahinmi (lire notre article). Et parmi ces 9 restaurants, on relève la présence de « Au Bureau », une brasserie/pub au style londonien, qui existe déjà à la ZAC de Sainte-Geneviève-des-Bois…à seulement quelques pas de là. « Ce sont les enseignes qui ont choisi de s’installer là. Le multiplex reste très attractif pour eux pour tout bêtement proposer un « resto-ciné », soutient Nicolas Méary.

Ce sont donc, en tout, plus de 24 000 m² qui seront attribués au Cinéma et à la restauration en plus de la création d’un premier parking de 520 places (l’objectif étant d’atteindre les 2300 places avant la fin complète du chantier au printemps prochain).

8500 m² d’espaces verts et 5000 m² de loisirs

Toujours dans l’optique de diversifier l’offre, le multiplex abritera une salle de sports « Basic Fit » et un Escape Game (ouvertures prévues en septembre). L’avant-dernière phase des travaux, qui s’achèvera au printemps 2019, dévoilera un pôle des loisirs de 5000 m² comprenant un karting, un bowling, un parc de trampoline et une aire de jeux pour les enfants. Deux nouveaux arrêts de bus vont également voir le jour : « le premier sera au niveau de l’avenue de la Commune de Paris et le second vers le site même des Promenades », nous précise le maire UDI de la ville. Enfin, la troisième (et dernière) phase des travaux (fin prévue aussi au printemps 2019) aura pour objectif de relier les « Promenades de Brétigny » au centre commercial d’Auchan et sa centaine d’enseignes.

Plus de 300 emplois devraient être créés, « une opportunité pour le développement de l’activité économique de la ville », se félicite Nicolas Méary, avant d’ajouter que « Les Promenades de Brétigny » auront un impact « positif » sur les retombées fiscales autant pour la ville que pour l’intercommunalité.

Et l’environnement dans tout ça ? Du côté de la mairie de Brétigny, on se félicite de l’importance accordée au critère environnemental par BEG Ingénierie et Immochan, les promoteurs immobiliers. « Il est important que ce projet d’aménagement soit le plus respectueux possible de l’environnement », affirme le maire de la ville. En effet, 82 arbres 480 arbustes doivent être plantés et 8500 m² de gazon doivent voir le jour.

Insuffisant pour l’ADEMUB. « Ce projet entre dans la perspective de consommation d’espaces agricoles. Il y a actuellement sur notre agglomération énormément de plateformes commerciales et ce projet concourt à ce trop-plein de consommation de terres agricoles », dénonce Dominique Deboise pour qui, l’équilibre ville-campagne est de moins en moins une réalité dans les territoires du nord de l’Essonne. « En 2012, l’agglomération comptait 27 % de terres agricoles, aujourd’hui, on est à 24 % », alarme le vice-président de l’ADEMUB qui a lancé une pétition rassemblant plus de 1000 signatures pour la conservation des terres agricoles.