« Pour la 1ere fois au sein du département de l’Essonne, l’absence de dialogue social au sein de notre collectivité a contraint l’ensemble des élus d’une instance paritaire à démissionner collectivement de leur mandat ». La commission administrative paritaire, ça sera sans eux. C’est en tout cas ce qu’ont visiblement décidé les représentants du personnel CFDT Interco-CD 91, CGT-CD91 et FO qui ont tenu à s’expliquer dans un communiqué commun, peu avant la séance de ce jeudi 28 juin. « Dans l’intérêt de tous les agents, nous ne souhaitons pas cautionner des pratiques qui pénalisent vos carrières », précisent-ils, la commission administrative paritaire servant à défendre les intérêts des 4000 agents pour leur avenir au sein de l’institution (promotion, salaires…).

Motif de cette démission commune, le supposé non-respect des critères de promotion interne par les décideurs du Conseil départemental. « L’année dernière, ils nous ont dit qu’ils ne souhaitaient plus respecter ces critères », expliquent alors des membres démissionnaires de la CFDT, faisant partie intégrante des 26 élus à la Commission ayant rendu leur mandat. « On voulait de nouveaux critères, ils en ont appliqué de nouveaux, mais sans nous concerter », poursuivent-ils, indiquant que sur près de 800 agents, seuls 5 auront finalement la possibilité de bénéficier d’une promotion. « On ne sait pas comment les critères ont été faits ». 

Révision des critères ?

Plus qu’un signe fort, cette démission collective bloque totalement le processus de promotion, le Conseil départemental devant absolument consulter les membres de la Commission administrative paritaire avant de valider ses choix. La direction n’a donc bien évidemment pas tardé à réagir, par voix de communiqué. « Une réunion préparatoire à la CAP s’est tenue le 21 juin avec les représentants du personnel, la commission a été convoquée le 13 juin 2018 et les dossiers transmis le 20 juin, c’est-à-dire dans les délais réglementaires pour une réunion le 28 juin 2018. Les représentants du personnel vont être invités dès la semaine prochaine à une nouvelle réunion de concertation afin de reprendre le dialogue social et trouver une issue positive, dans l’intérêt de l’ensemble des collaborateurs », stipule ainsi ce dernier.

Une réponse plus ou moins satisfaisante pour les représentants du personnel qui assurent que si le délai obligatoire de 8 jours entre la transmission des dossiers et la réunion du 28 juin a, à peu près, été respecté ; « nous, on avait un accord pour 15 jours ». L’intersyndicale espère désormais un rendez-vous avec le président du Conseil départemental, François Durovray, afin de refaire le point sur les critères de promotion. « Il y a aussi un problème au niveau des primes indemnitaires annuelles. Seuls 30% des agents auront cette prime », ajoutent les membres démissionnaires. « On est contre l’absence des critères, contre l’absence de transparence. Il y a un climat très difficile en ce moment ».

Les agents du CD protestent contre leurs mauvaises conditions de travail