Ce week-end les indignés partis d’Espagne, et qui étaient en Essonne la semaine dernière, ont traversé la capitale française sous le slogan « Paris debout, soulève toi ! ». Cette marche pacifique, qui réclame la remise en question de la logique libérale internationale, doit repartir cette semaine en direction du parlement européen à Bruxelles.

Les racines du mouvement

La marche des indignés tire ses racines du mouvement du 15 mai. Les habitants des grandes villes avaient investi les places publiques des grandes villes espagnoles, à l’image de la Puerta del sol à Madrid. Des campements de bâches et de tentes s’installèrent pour réclamer une « démocratie réelle maintenant ». Rapidement la foule se reconnait comme « Les indignées » indignados en espagnol, inspirée par l’essai Indignez-vous, de Stéphane Hessel.

Sophieet Timothée, jeunes essonniens indignés venus gonflé les rangs en sont l’exemple même : « le mouvement est en grande partie constitué de jeunes qui ne se reconnaissent pas dans un système qui confond le bien financier et matériel avec le bien commun » admettent-ils. Tout en voulant transcender les clivages politiques, la marche dénonce la dictature financière mondiale des banques et multinationales, qui apparaissent pour beaucoup comme responsable de la crise économique.

Un mouvement pacifiste…

Le mot d’ordre est rappelé en français et en espagnol avant le départ : « le mouvement est pacifique, s’il y a de l’agitation asseyez-vous et isolez les casseurs » rappellent les mégaphones aux nouveaux arrivés. Il s’agit de ne pas salir l’image du mouvement, mais aussi d’éviter les tensions avec les forces policières.

Ce n’est qu’en arrivant à la place de la Bastille, à 21h, que la tension entre manifestants et policiers se fait sentir. La foule est alors entourée par les forces de l’ordre et repoussée sur les trottoirs devant les marches de l’Opéra. Pour la police, il s’agit de « désencombrer la route et faciliter la circulation » , mais les indignés dénoncent une « enclave » les empêchant d’entrer en contact avec la population parisienne.

…pour un fonctionnement ouvert et solidaire

Depuis le début de la marche, « ceux qui marchent contre le vent » comme ils se nomment, comptent sur la solidarité générale et le soutien des citoyens, dont les indignés s’estiment être des représentants plus légitimes que les élus politiques. Les sympathisants approvisionnent les marcheurs en nourriture, bâches et vêtements, certains ouvrent même leur porte pour une douche, mais apportent surtout un soutien moral important.

Samedi, le rendez-vous était donné à « cité universitaire » sur la ligne B du RER, à partir de 11h pour un pique-nique participatif. Les marcheurs ont pu échanger avec les passants et les indignés locaux. C’est le lendemain que devaitavoir lieu une rencontre avec les habitants à travers un théâtre ouvert, plusieurs débats et une assemblée générale publique.