Chemise cintrée, pantalon ajusté et nœud de cravate bien serré, c’est sur son 31 et sourire aux lèvres que le basketteur Ian Mahinmi nous accueille dans son tout nouveau restaurant. « Steak N Shake », une marque venue tout droit d’Indiana (Etats-Unis), rapidement devenue sponsor officielle des Pacers, franchise pour laquelle le joueur français à joué pendant 4 saisons. « Avec ma femme  et ma plus grande fille (il en a 2), c’était vraiment notre point de rendez-vous du week-end. On est vraiment tombés amoureux du produit. Donc quand j’ai entendu dire que ça s’exportait en France, je n’ai pas hésité », raconte l’intéressé alors que son établissement ouvre officiellement ses portes ce vendredi 22 juin.

Situé à Brétigny-sur-Orge, dans la nouvelle zone industrielle encore en construction « Les promenades de Brétigny », ce nouveau restaurant est le deuxième détenu par le joueur des Washington Wizards (NBA) après celui repris à Mondeville (Normandie) au début de ce mois de juin. Normand d’origine, le pivot de 2m11 n’a pas hésité à venir s’implanter en Essonne, qu’il connaît pourtant très peu. Et si on le connait bien évidemment pour son talent sur les parquets, Ian s’avère aussi être un « businessman » investi.Affaires, basket, Bleus, Ian s’est livré à Essonne Info le temps d’un entretien entre deux Burgers.

Essonne Info : Comment on passe de basketteur professionnel à propriétaire de restaurant ? Et surtout pourquoi ?

Ian Mahinmi : J’ai toujours eu cette âme de businessman. J’ai toujours vu plus que le simple fait de jouer au basket. On a lancé notre marque de vêtements avec mes associés Steeven Kodjia et Ousmane Dabo il y a 6 ans. Au début on faisait ça à la maison, en mode start-up, aujourd’hui on a un showroom à Paris. Je suis aussi actionnaire majoritaire du Rouen Métropole Basket, ma ville d’origine. Ça fait 4 ans, et tout se passe très bien. Donc voilà, j’ai toujours eu ce coté businessman et aussi ce côté social. Il y a 50 employés ici, humainement ouvrir un restaurant c’est un challenge. Ça crée des emplois, ça crée plein de choses. C’est important d’être un acteur de l’économie social de votre ville de votre pays.

C’est ton deuxième restaurant, pourquoi avoir choisi Brétigny ? Est-ce que tu penses que ton nom va apporter plus de clients ?

C’est vrai que je ne connais pas vraiment l’Essonne, je suis Normand, mais j’ai saisi une opportunité. Ce qu’ils font ici comme zone d’activité, c’est très impressionnant. Il va y avoir un cinéma, les promenades, il y a un joli cadre, c’est une zone qui a tout pour réussir. J’ai un autre Steak N shake à Mondeville, mais celui-ci c’est le premier qu’on fait de A à Z. Ça fait 2 ans qu’on travaille sur le produit avec mes deux partenaires David Ahnine et Laurent Gizzi. Ils sont essentiels. Ils ont une expérience de 20 ans dans la restauration que moi je n’ai pas. Maintenant je ne pense pas vraiment que c’est grâce à moi que les gens viendront ou reviendront. Les gens reviendront que si le produit est bon. Là, moi, je suis vraiment en mode businessman. Je suis plus dans les bureaux que sur le terrain, même si je reviendrai au minimum ici une fois par an. Une fois que ma saison sportive se terminera, je vais créer mon emploi du temps pour gérer un peu le côté business.

Justement, revenons-en au sport, tu quittes Indiana sur ta meilleure saison NBA, pourquoi es-tu parti à ce moment-là ? Comment ça se passe aujourd’hui à Washington ?

C’est vrai, c’était ma meilleure saison en carrière, mais j’avais besoin d’un nouveau challenge et quand Washington s’est présenté, j’ai trouvé justement que c’était un bon challenge pour moi. Il est toujours très bon d’ailleurs. C’est une équipe qui va en playoffs très régulièrement, et quand je suis arrivé, tous les cadres sont restés, on a une bonne équipe. Après c’est vrai qu’en tant que sportif de haut niveau, on veut toujours plus de temps de jeu, mais le coach fait ce qu’il pense le mieux pour l’équipe. Maintenant à moi de retourner dans le lab (à l’entrainement) pour espérer apporter plus à l’équipe et gagner plus de temps de jeu.

Tu arrives bientôt sur ses 32 ans, comment te sens-tu ? Combien de temps penses-tu encore fouler les parquets et est-ce qu’un retour en France est envisageable ?

Je pense que j’arrive dans mon prime (ma . Je me sens bien physiquement, je pense que je serai au top de ma forme pour les 4–5 prochaines années, mais je ne me fixe pas de limites. Je vais écouter mon corps et essayer de jouer le plus longtemps possible. Tant que j’ai la santé et que j’apporte à l’équipe, je continue, mais non, je ne pense pas revenir jouer en France. Quand le clap de fin sera arrivé, je pense qu’il faudra tourner la page. Viendra alors le moment de mettre ma casquette de businessman à 100%. J’ai d’autres business en cours. Etre actionnaire majoritaire d’un club c’est déjà beaucoup, mais dans les années à venir d’autres choses vont arriver. J’ai déjà d’autres choses sur le feu.

Et les Bleus, c’est fini ?

Je n’ai pas pris ma retraite internationale. Il y a eu des rendez-vous ratés, des décisions prises et assumées, mais je n’ai pas pris ma retraite. En tout cas, le peu d’instants que j’ai passé avec les Bleus, en championnat d’Europe et en championnat du monde, j’en suis très fier, et je n’ai pas de regret. Je suis toujours à 100% derrière les Bleus. J’ai d’ailleurs beaucoup d’amis en Equipe de France et je leur souhaite toute la réussite du monde.

Un prono pour les Bleus en Coupe du monde ?

Là on a une équipe talentueuse avec de gros joueurs qui jouent dans de grandes équipes européennes. Cette génération talentueuse a quelque chose à aller chercher. Moi en tant que supporter parisien, je suis particulièrement Mbappe. On se demande ce qu’il va faire dans une compétition comme celle-là. On se demande ce que vont donner les petits jeunes, et je suis les matchs autant que possible.