La réponse du COVID de Montréal a eu des « impacts collatéraux » négatifs sur la population, selon un rapport

MONTRÉAL – La pandémie de COVID-19 et les mesures sanitaires prises pour la limiter ont eu des effets collatéraux généralisés qui ont nui de façon disproportionnée aux personnes les plus vulnérables, a déclaré mardi le directeur de la santé publique de Montréal.

Mylène Drouin a présenté un rapport sur la gestion du COVID-19 par la ville qui comprend 11 recommandations pour l’aider à répondre aux futures crises sanitaires de manière plus efficace et plus équitable.

L’une de ses principales recommandations est de développer un système de surveillance pour suivre les impacts collatéraux des mesures sanitaires et trouver des moyens de les réduire, notamment sur les personnes les plus vulnérables. « Nous ne sommes pas tous égaux face aux urgences sanitaires », a-t-elle déclaré aux journalistes par vidéoconférence.

« L’exposition des personnes au risque est différente, leur capacité à mettre en place des mesures de protection et leur capacité à se rétablir sont déterminées par leur vulnérabilité », a-t-elle ajouté.

Mme Drouin a déclaré que de toutes les régions du Québec, c’est Montréal qui a subi le plus grand impact du COVID-19, tant en termes de décès que d’imposition de mesures sanitaires strictes.

Par conséquent, dit-elle, la ville a signalé des niveaux plus élevés d’anxiété et de dépression au plus fort de la pandémie et a également connu une hausse de la consommation d’alcool et de cannabis. Certains éléments indiquent que la violence domestique a également augmenté, a-t-elle ajouté.

Selon Mme Drouin, les Montréalais moins nantis étaient plus susceptibles d’être exposés au COVID-19 parce qu’ils occupaient des emplois essentiels avec moins de congés de maladie, tout en étant plus susceptibles de subir certains des impacts collatéraux, comme la perte d’emploi et l’insécurité alimentaire.

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« Nous savons que les crises exacerbent les inégalités sociales, et c’est pourquoi il est si important dans notre manière de planifier et de déployer nos interventions d’intégrer, dès le départ, cette évaluation des inégalités », a-t-elle déclaré.

Selon elle, la pandémie a souligné l’importance de travailler avec des groupes communautaires pour atteindre les personnes vulnérables, comme cela a été le cas avec les cliniques de vaccination pop-up et les campagnes de porte-à-porte qui ont stimulé les taux de vaccination dans les communautés à faibles revenus.

Selon Mme Drouin, la pandémie a montré que la volonté de prévenir les décès et de réduire la pression sur le système hospitalier ne doit pas occulter complètement le risque d’aggraver d’autres problèmes de santé. Par exemple, elle a entendu des groupes d’aînés dire que l’interdiction faite aux soignants de se rendre dans les résidences pour personnes âgées et les foyers de soins de longue durée pouvait entraîner un isolement accru et une détérioration de la santé physique et mentale des résidents.

« Nous devons toujours veiller à trouver un équilibre entre les mesures de protection et la possibilité pour les aînés d’être entourés de leurs proches pour les soutenir », a-t-elle déclaré.

Le rapport recommande également de tenir à jour le plan d’urgence de la ville, de veiller à ce qu’elle dispose des ressources, du personnel et des experts nécessaires pour répondre à une situation d’urgence et de s’assurer qu’elle communique clairement avec le public en temps de crise.

On a également demandé à M. Drouin de se prononcer sur la nécessité de rétablir le port obligatoire du masque, alors que la province est de nouveau aux prises avec des salles d’urgence débordées. Cette fois, c’est la grippe et un cocktail de virus respiratoires qui sont à blâmer, dont beaucoup touchent les enfants.

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À l’instar du Collège des médecins du Québec, M. Drouin recommande le port du masque dans les endroits bondés, mais ne réclame pas de décret gouvernemental.

Elle a dit qu’elle n’était pas en faveur du rétablissement de l’obligation de porter un masque dans les écoles, car les données montrent que la plupart des cas de transmission se produisent après les cours et pendant les fins de semaine. Bien qu’il soit impossible de garder les enfants à la maison à chaque fois qu’ils ont le nez qui coule, elle a déclaré que ceux qui présentent des symptômes pourraient être invités à porter un masque en classe.

Mardi, le premier ministre François Legault a déclaré qu’il était  » hors de question  » à court terme que le gouvernement impose un nouveau mandat de port de masque dans les espaces publics.

Le ministre de la Santé et le directeur de la santé publique de la province tiendront une conférence de presse mercredi, au cours de laquelle ils devraient recommander le port de masques plutôt que de l’imposer.

Selon M. Drouin, les modèles montrent que la poussée actuelle de la grippe et des virus respiratoires atteindra probablement son apogée à la fin du mois de décembre, pendant les vacances de Noël.

Ce reportage de La EssonneInfo a été publié pour la première fois le 15 novembre 2022.

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