Les pieds dans l’eau. Voilà comment se sont réveillés certains Essonniens, ces trois derniers jours, dans le nord du département. Les fortes pluies ont, en effet, provoqué une sacrée pagaille sur le territoire essonnien (lire notre article). Aujourd’hui, l’heure est au bilan.

Depuis ce dimanche soir (début de l’épisode pluvieux), le service départemental incendie et secours de l’Essonne (SDIS 91) a enregistré plus de 1237 interventions pour venir en aide aux sinistrés et sécuriser les zones les plus touchées. La Préfecture de l’Essonne confirme que « l’ensemble des routes départementales qui ont été coupées ont été rouvertes à l’exception de la RD 24 à Limours qui reste fermée suite à l’affaissement des trottoirs […] sur cette route départementale. »

Concernant les établissements scolaires, la Préfecture confie que « tous les sites ont pu accueillir les élèves » ce mercredi matin, après la fermeture provisoire de certaines écoles (notamment le collège Mozart d’Athis-Mons après l’effondrement d’un arbre dans la cour).  Enfin, certaines communes, comme celles de Savigny-sur-Orge ou Morsang-sur-Orge, s’apprêtent à saisir les autorités pour une reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle.

Une accalmie se profile, certes, mais cela n’empêche pas une surveillance accrue des bassins.

  • Vallée de l’Orge

Cela n’a échappé à personne : la vallée de l’Orge a été particulièrement touchée par les pluies causant de nombreux dégâts. Pour le Syndicat de l’Orge, la situation est sous contrôle. « L’Orge était effectivement haute, mais nos bassins de rétention (ndlr : les bassins de rétention servent à contrôler les débits) ont été sollicités et ils ne sont pas au maximum de leur capacité, loin de là. »

Et c’est à Savigny et Morsang que la situation était la plus critique. « Ce dimanche, nous avons eu un orage qui a été assez violent avec 50 mm de pluie en 30 minutes. Cela correspond à une intensité de pluie centennale. Après, ce lundi en début de soirée, il y a eu des orages localisés sur Savigny et Morsang où là, il y a eu entre 45 et 75 mm de pluie en une dizaine d’heures. On était en limite de débordement de la rivière, mais elle n’a jamais débordé. On est toujours mobilisés. Nos équipes sont toujours sur le terrain, dans les espaces naturels pour voir s’il y a des arbres coupés. »

  • Vallée de l’Yerres

Le SYAGE, le syndicat responsable de la gestion de l’eau dans la vallée de l’Yerres, confirme que les « niveaux [des eaux] sont hauts et inhabituels pour la saison mais sans aucune conséquence particulière. »

Toutefois, une baisse des niveaux d’eau a été confirmée notamment sur le Réveillon (affluent de l’Yerres). –33 centimètres d’eau ont été relevés depuis ce mardi 14h. Et comme pour le reste des bassins, une baisse des niveaux des eaux est attendue dans les prochains jours.

  • Vallée de l’Yvette

« En raison de la saturation des sols, toutes nouvelles pluies occasionnent une hausse immédiate des niveaux d’eau ». Voilà comment commence la mise en garde du syndicat qui s’occupe de la gestion de l’eau de l’Yvette (SIAHVY) sur son site Internet, permettant de suivre en direct le niveau de la rivière et de ses affluents. Lieu le plus touché lors des inondations de 2016, la Vallée de l’Yvette a de nouveau connu d’importants dégâts lors de ces dernières pluies. « Cet épisode montre une différence par rapport aux événements de 2016. En 2016 les bassins avaient débordé, ce qui avait provoqué des inondations. Cette année c’est surtout cet épisode de ruissellement, de ravinement qui a causé des dégâts », réagit Michel Barret, le président du SIAHVY.

La vallée de Chevreuse sous la boue

Et si certains habitants de la Vallée ont encore dû éponger et déblayer les sols de leur maison, le président du syndicat assure que des actions ont été menées depuis les dernières inondations, afin de limiter la casse. « On a continué à travailler depuis 2016, avec notamment l’aménagement de zones humides comme la zone des grands prés à Gometz. On mène actuellement une politique d’acquisition de terrains pour pouvoir aménager de nouvelles zones humides. On est aussi en train d’aménager un parking en amont du bassin de Saulx pour en faire une zone humide », énumère-t-il tout en évoquant le chantier de la prairie de Villebon (lire notre article). Le SIAHVY souhaite par ailleurs augmenter la capacité des bassins de Coupières, Gif et Saulx pour pouvoir accueillir 100 000 m3 d’eau supplémentaire. Une éventualité soumise à l’assemblée du SIAHVY le 27 juin prochain, qui devra ensuite être validée par les intercommunalités. « On travaille aussi sur un modèle prédictif plus élaboré pour pouvoir encore mieux anticiper les phénomènes et prévenir plus vite les communes des risques », conclut Michel Barret.

Globalement, depuis ce mercredi, la tendance est à la baisse du côté de l’Yvette et de ses affluents. La décrue est amorcée sur l’amont de la rivière (Saint-Forget, Chevreuse), bien que les bassins restent environ remplis aux 2/3. On note également une stabilisation vers la station de Bures, alors que celle-ci était à 3 centimètres (ce mardi soir) de sa capacité de stockage.