Les journaux de ce mardi 12 juin au matin ont ouvert sur cet impressionnant accident de RER B. A l’aube, le train parti peu après 5h de la gare de Saint-Rémy-les-Chevreuse, roule en direction de la station de Courcelle-sur-Yvette, située à l’entrée de Gif et à la limite des Yvelines. A 500 mètres de la gare environ, à proximité du domaine de Vaugien, plusieurs voitures du RER B se couchent, après que le train soit passé au dessus d’un trou béant sous la voie.

Selon toute vraisemblance, les intempéries de la nuit de lundi à mardi, faisant suite à celles de dimanche soir, sont à l’origine de l’impressionnant glissement de terrain qui a causé l’affaissement du talus soutenant la voie, le ballast et les traverses. Au passage de la voiture de tête et des premiers wagons, le sol s’est dérobé et 3 voitures se sont couchées sur la gauche. Cet accident a également provoqué des dégâts sur certaines caténaires.

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Le talus qui soutient la voie a été totalement emporté par la coulée de boue, sur environ 10 mètres de long et 2 mètres de haut (JM/EI)

Le talus qui soutient la voie a été totalement emporté par la coulée de boue, sur environ 10 mètres de long et 2 mètres de haut (JM/EI)

Plusieurs voyageurs qui se trouvaient dans les rames ont été légèrement blessés. Le trafic s’est pour sa part totalement arrêté au bout de la ligne B. Les trains à destination ou en provenance de Paris sont désormais terminus Orsay-ville. Une navette reliant la gare de Gif-sur-Yvette et Orsay a par la suite été mise en circulation. Pour les deux dernières stations, Courcelle et Saint-Rémy, la RATP a mis en place des bus de substitution. Pour la liaison Paris, trois trains sur quatre en heure de pointe circulent. 16 trains de la flotte du RER B restent en effet bloqués dans les voies de garage du terminus de Saint-Rémy-lès-Chevreuse.

Et la situation semble partie pour durer. Nul ne se risque en effet à prévoir une date de retour à la normale, car les dommages sont importants sur la voie et nécessiteront de gros travaux de réhabilitation. « On n’a jamais vu un truc pareil » témoigne un riverain, lui-même retraité de la RATP et ayant fait carrière sur la ligne, même si « des coulées de boue ont déjà eu lieu à Arcueil ou Palaiseau ». En tout cas, observe-t-il, « heureusement que le train était en ‘marche à vue’ » ce qui selon lui a permis d’éviter le pire.

La RATP a rapidement envoyé sur place ses équipes de maintenance et de travaux sur les voies

La RATP a rapidement envoyé sur place ses équipes de maintenance et de travaux sur les voies (JM/EI)

Dès le milieu de matinée après l’accident, la RATP a dépêché sur place ses équipes techniques. L’après-midi, de premiers engins de chantier sont apparus à côté de la gare de Courcelle. Avec un trou béant de 10 mètres de large sous les voies, résultat du glissement de terrain, « il faudra d’abord du temps pour tout reboucher » lâche un technicien de la régie de transports. Des sondages de sols ont d’ores-et-déjà été lancés pour connaître l’état exact des talus qui ne se sont pas effondrés. Une grue de 100 tonnes sera ensuite amenée en vue de relever les wagons couchés, chacun pesant environ 50 tonnes.

Mercredi, la RATP a donné quelques détails sur la nature des « nombreuses » opérations à venir pour remettre le bout de la ligne en fonctionnement. Dans un premier temps, il s’agit du démontage des caténaires endommagées et de leurs supports, et du traçage d’un chemin routier pour apporter le ballast « nécessaire au comblement du « canyon » de 4 mètres de profondeur et à la stabilisation de la voie ». Ensuite, « plusieurs scénarii de grutage et de relevage » des voitures couchées sont élaborés, en tenant compte du sol. Après le remorquage du train accidenté, il faudra selon la RATP « remettre en état l’ensemble des équipements endommagés avec notamment la reconstruction définitive du talus et le renouvellement de la voie et du ballast de la zone touchée (150 mètres) ». Viendront enfin le tour du reste de l’infrastructure, caténaires et signalisation en tête.

Autant dire que les usagers concernés devront certainement attendre plusieurs mois avant une remise en service totale de leur ligne. Après le constat des dégâts, la compagnie n’en fait pas mystère : face à « l’ampleur des dégâts constatés et à l’instabilité des sols sur place, la RATP n’est pas en mesure pour le moment de communiquer de date pour un retour à la normale entre les gares de Saint-Rémy-lès-Chevreuse et Orsay-Ville » indique la compagnie. Quels que soient les choix techniques et les travaux à réaliser, « les opérations s’annoncent d’ores et déjà délicates et vont nécessiter plusieurs semaines d’intervention ». Nous voilà prévenus.

Les voitures se sont couchées sous l'effet du glissement de terrain qui a fait emporter le ballast sous les voies

Les voitures se sont couchées sous l’effet du glissement de terrain qui a fait emporter le ballast sous les voies (JM/EI)