A la veille de l’ouverture du festival Villes et Toiles, Essonne Info a interrogé Franck Senaud, le directeur de cet événement, qui revient sur les raisons de l’organisation de ces rencontres, qui ont lieu à Evry, Etampes, et Brétigny.

Essonne Info : Ce jeudi s’ouvre le cinquième festival Villes et Toiles. Comment est née l’idée de cette rencontre?

Elle est née de nos trois activités à l’année: d’une revue internet qui parle d’images et de ceux qui les font, pensent et se consacrent, deux fois l’an, au thème de la ville, où l’idée de découverte, croisement de disciplines est importante. Des rencontres régulières dans les cinémas de l’Essonne (Les Ulis, Bretigny, Ris Orangis, Etampes) à l’occasion de cinéphilo, cinépeinture, cinéville: un spécialiste, un penseur, un artiste dialogue avec un film. Des ateliers avec enfants et ados que nous menons toute l’année dans les classes: les Ptits batisseurs (un architecte dans la classe) et Je suis ma ville (création narrative à partir de photos dans la ville).

Tous ces moments de création, de réflexion, nous les réunissons en 10 jours (ballades urbaines, expos photos, dessins, table ronde, un artiste une heure avant un film) pour créer encore plus de rencontres.

« Il n’y a pas que des caméras de surveillance qui nous regardent ! »

Essonne Info : Qu’entendez-vous par « Il y a un artiste en bas de chez moi »

Notre festival veut montrer que la ville est un lieu de création par ceux qui la vivent comme par ceux qui la regarde. Et tous ces artistes ont beaucoup à nous apprendre sur des lieux qui nous semblent familiers: nos villes, villages, rues. Je crois même qu’ils contribuent à nous la faire aimer. Il n’y a pas que des caméras de surveillance qui nous regardent !

« En bas de chez moi », en Essonne, il y a Binet, le créateur des Bidochons, le philosophe le plus connu au monde Derrida (qui a vécu plus de 30 ans à Ris Orangis), l’immense sculpteur sonore Baschet, Jean claude Drouot (dont la carrière cinématographique est étonnante et méconnue), Ibrahim Maalouf, le trompettiste de world jazz étampo-libanais et des centaines d’autres, connus ou qui vont le devenir ! Qui les connait ? Où les entend-on ?
Nous avons voulu rendre hommage à leur travail et les faire rencontrer leur public proche.
Et rappeler que les richesses culturelles sont là, près de nous.

Essonne Info : Quels sont les temps forts de cette année?

Avant tout la soirée d’ouverture organisée avec ARTE ACTIONS CULTURELLES : la présentation des photos du prix ARTE/L’art et la ville. Douze photographes internationaux en résidence à la cité internationale ont été invités à regarder les œuvres d’art publiques et leur espace dans les cinq villes nouvelles d’Ile de France (dont Evry). La présentation de leurs triptyques pour la première fois en leur présence a lieu jeudi 15 septembre à l’Agence Nationale pour les Arts Sacrés (6e étage de la cathédrale).

Également, une belle soirée consacrée à Derrida avec Benoit Peeters (le scénariste des cités obscures!) son premier biographe, a lieu aux Cinoches de Ris, pour découvrir l’homme de voyages, engagé, l’homme d’images qu’il fut.

Enfin il y a une journée entière consacrée à la BD à la médiathèque de Ris-Orangis, avec de grands auteurs en conférence ou dédidaces (Chabbert, Erroc – l’auteur de la série « Les profs » – Allais, Binet) et un atelier pour les ados. Journée qui se termine, aux cinoches de Ris, avec la rencontre de l’équipe du film de PERSEPOLIS, le magnifique film d’animation de Marjane Satrapi. Ils seront là, avec des dessins originaux pour nous faire voir, en vrai, tout ce travail de création. Il y a d’autres rencontres, des concerts, des expositions dans la ville. Pour tous les goûts et tous les publics.

Le politique par les arts tel est le créneau de Prefigurations.

Essonne Info : Pourquoi organiser une « balade urbaine » lors des journées du patrimoine?

Parce que visiter la ville d’aujourd’hui, en famille, a un sens dans des journées du patrimoine qui ont tendance à regarder plutôt le passé. Et Parce que c’est un régal (avec un architecte, un urbaniste, un artiste) d’aller voir, en vrai, les sculptures « en bas de chez moi » avant d’aller visiter l’expo des photographes internationaux du prix ARTE.

La ballade et la visite sont gratuites. Rendez-vous à 14h au pied de la cathédrale.