Direction et personnels étaient réunis en ce mardi matin au sein du Centre hospitalier Sud francilien de Corbeil-Essonnes. Pas de banderoles ni de slogan ravageurs, mais une assemblée générale pour exprimer les revendications. Objet principal de ce rassemblement, l’annonce faite il y a peu par la direction, du gèle de 50 postes pour satisfaire le plan lancé par l’Agence régionale de santé (ARS) visant à faire des économies. Un plan qui a suscité bon nombre de réactions puisque les membres du personnel tout comme le Conseil médical d’établissement, le Comité technique d’établissement ou encore le Conseil de surveillance du CHSF, présidé par Françis Chouat, s’y sont fermement opposés. Ce dernier sollicite même par ailleurs, à court terme, « un appui financier et des mesures urgentes permettant au CHSF de recouvrer très vite de la trésorerie ».

Inutile de dire que la situation n’est pas des plus appréciable au sein du centre hospitalier, les membres du personnel sont donc venus exprimer leur ras-le-bol. Et si des syndicalistes se sont chargés de rapporter les principaux dysfonctionnements aux oreilles de la direction, représentée notamment par M. Schmidt (Directeur général), d’autres salariés n’ont pas hésité à donner de la voix pour se faire entendre. « Qu’est-ce que c’est que cette langue de bois, de nous faire croire que tout va bien et qu’on fait ce qu’on peut ? », s’agace l’une d’entre eux. « On est à flux tendu, on ne peut pas poser nos vacances quand on veut. On nous les déplace sans nous prévenir », réagit une autre salariée de l’établissement. « Comment réorganiser un service qui est en sous-effectif sans embaucher, et en gelant 50 postes supplémentaires ? ».

Ce mardi, de nombreux services sont présents, les salariés se relaient régulièrement pour ne pas nuire trop brutalement à l’activité de l’hôpital. On compte alors au minima une cinquantaine de mobilisés, tous regrettent de ne pas avoir de chiffres et de réponses concrètes. « C’est toujours le même discours. Pour nous, on est déjà en sous-effectifs. On dépense environ 2 millions d’euros par an pour avoir recours à des vacataires et des intérimaires, comment on peut encore supprimer des postes ? », s’interroge à son tour Frank Banizette, du syndicat Sud. « En plus, depuis 3–4 ans, la direction a décidé de ne plus donner les détails », poursuit-il alors que des postes de secrétaire, ou encore de logistique seraient menacés. « Il va y avoir une discussion avec l’ARS. Les votes du Conseil de surveillance, du comité technique de l’hôpital et du Conseil médical d’établissement vont être soumis à l’ARS », conclut quant à elle la direction.

Si le combat n’est assurément pas fini, difficile néanmoins pour les personnels d’engager de plus gros moyens de contestation pour faire bouger les choses. Nombre des membres des services de soin étaient d’ailleurs absents lors de cette assemblée générale, le bien des patients restant, pour beaucoup, la priorité alors leurs conditions de travail semblent se dégrader d’années en années.