« On regrette que ça ait été signé ». Si l’ont pouvait s’attendre à une fin des mobilisations suite à la signature du Plan Bompard par les représentants du personnel ce vendredi 27 avril (lire notre article), force est de constater que certains ont décidé de ne pas baisser pavillon. Quelques jours seulement après ce soit disant accord, plusieurs employés du groupe ont continué de montrer leur agacement. En témoigne cette mobilisation de ce lundi matin devant le Carrefour Market d’Epinay-sur-Orge. Ici, un peu plus de 30 salariés ont débrayé jusqu’en début d’après-midi pour, une nouvelle fois, porter leurs revendications. « Au niveau de la CGT, on n’est pas d’accord depuis le début. D’autres ont signé, mais beaucoup de salariés vont rester sur la touche », regrette Laurent Lamaury, délégué syndical national CGT Carrefour. « Un bon d’achat entre 70 et 150 euros, c’est se foutre de notre gueule ».

Le sort des 273 magasins en quête de repreneurs inquiète énormément, tout comme celui des quelques 2 000 salariés qui les composent. Nombreux sont ceux qui n’ont pas encore été reclassés, les syndicalistes relèvent quant à eux un manque d’investissement de la direction au niveau de la recherche de repreneurs. « Pour les reclassements, ce qu’ils proposent n’est pas équivalent à ce que les salariés avaient. Ils ne prennent pas en compte l’ancienneté, les temps-plein… », poursuit le délégué syndical. « En plus, dans ces 273 magasins il n’y a pas que des magasins qui perdent de l’argent. Il y en a qui sont à l’équilibre. Il n’y a pas de cas par cas, pas d’effort. On n’est plus une entreprise commerciale, on est un groupe financier », surenchérit Frédéric Gérard, un de ses collègues.

Notre dossier (abonnés) sur le plan Bompard

D’autres actions à venir

Autre point chaud au cœur de cette mobilisation, la question des salaires qui auraient alors été augmentés de seulement 1,5% lors des dernières NAO, lorsque les hauts fonctionnaires auraient vu les leurs augmenter de 70%. Une augmentation bien trop insuffisante aux yeux des manifestants qui ne manquent pas de le faire savoir. « Nous on n’a rien signé, on n’a pas donné notre avis. On subit. Ceux qui gouvernent prennent les décisions sans nous consulter », s’accordent-ils à dire. « Le bon d’achat de 150 euros, c’est de l’argent qui leur revient au final ». Les mauvaises conditions de travail sont elles aussi au goût du jour, et notamment le problème du manque d’effectif comme signalé par les salariés de ce Carrefour Market d’Epinay-sur-Orge. « D’habitude les caissières tournent à 6 le matin et 6 l’après-midi. Aujourd’hui, jour de grève, ils ont su faire venir 5 personnes d’autres magasins », rapportent-ils.

Déléguées du personnel FO, syndicat qui a pourtant signé les modalités du plan Bompard, Sylvie et Sandra sont elles aussi venues apporter leur soutien à la CGT lors de cette mobilisation. « Les délégués du personnel n’ont rien signé. Nous ne sommes pas d’accord non plus. On s’allie pour marquer notre désaccord, on apporte un soutien total », lance Sandra. Un mouvement qui pourrait visiblement se poursuivre puisque d’autres actions sont prévues dans les semaines à venir, et notamment dans les entrepôts de l’enseigne.