Ça y est, la communauté d’agglomération du Val d’Yerres Val de Seine tient enfin son projet de territoire. Ce projet vise à déterminer les politiques publiques qui doivent être conduites sur ce territoire durant les douze prochaines années. Dans ce document figurent plusieurs axes destinés à développer le territoire. Emploi, transition écologique, mobilité, transport en commun, bien-vivre, loisirs… bref tout y passe ou presque. Le 9 avril dernier, le texte déjà composé de « 106 préconisations », comme l’annonçait Bruno Gallier, qui supervise le dossier au niveau de l’agglo, était voté en conseil communautaire. Ce point n’a pas manqué de faire réagir.

Adopté malgré une demande de report

A peine la séance ouverte, les débats s’orientent directement sur le fameux point. « On voudrait une modification de l’ordre du jour », lance alors Pascal Michelangeli juste après la fin du traditionnel appel. Le membre de l’opposition de gauche poursuit ainsi sa brève intervention en pointant du doigt ce qu’il qualifie être « un défaut de concertation » autour du projet de territoire et demande son report. « La concertation a eu lieu, coupe immédiatement le président de la CAVYVS, François Durovray. Délibérons ce soir car nous sommes la dernière agglo du secteur à ne pas l’avoir fait ».

Cette réponse ne semble pas satisfaire les membres de l’opposition qui montent une nouvelle fois au créneau. « Les associations locales n’ont pas été consultées », entend-on. Présents en nombre, plusieurs membres du collectif de l’association Territoires en liens garnissaient les sièges du public. Bruno Gallier apporte donc son analyse sur le sujet. « Il est vrai que sur la concertation, nous aurions toujours pu faire mieux », concède-t-il avant de détailler la composition du conseil de développement qui a drivé la première phase du projet de territoire. « Il y a eu environ 90 personnes qui ont contribué à cette phase du projet, parmi lesquelles près de 34 issues du milieu associatif. Mais même si le projet est voté ce soir [le 9 avril], il est amené à évoluer dans les prochains mois ». Des propos qui ont fait résonance chez le président de l’interco qui tente d’apaiser les débats. « Je m’engage à ce que nous intégrions des associations dans le conseil de développement, une fois que le projet sera adopté ».

Pas de quoi calmer les ardeurs de l’opposition qui se met alors à questionner la majorité sur le projet de territoire. « C’est un projet sans horizon lointain. Votre projet est celui d’un territoire mort-né politiquement et qui n’est pas viable », abonde Pascal Michelangeli, en faisant référence à l’année 2016 bien compliquée, marquée par des débats interminables sur le fameux pacte financier porté par l’ancien président de l’agglo, Nicolas Dupont-Aignan. « Le schéma de cohérence n’est pas égalitaire, poursuit son collègue de l’opposition Christophe Joseph. Plein de questions restent en suspens et nous n’avons pas assez de réponses fortes pour parler avec les grands partenaires ». Et c’est désormais à Georges Tron de défendre le projet. « Tout document de cette nature est perfectible. Nous ne savons pas où nous allons au niveau des territoires avec les futures annonces du Président Macron sur le Grand Paris. Mais si nous voulons donner du cœur et du sens, déterminons des points fondamentaux pour les mettre en application dès maintenant », termine le maire de Draveil.

Certaines associations pas convaincues

Après plus d’une heure et demi de questions-réponses, le projet de territoire de la CAVYVS est finalement adopté par les membres du conseil. A peine le point achevé, la quasi-totalité des quarante personnes qui composaient le public quitte la salle. La plupart semble tantôt dépitée, tantôt incrédule. « C’est tellement beau qu’on n’y croit pas », résume Karim Sellami, membre du collectif de l’association Territoires en liens. « Sur le fond, il n’y a aucune ambition. Sur la forme, plusieurs associations importantes à l’échelle communautaire ont été oubliées des débats », avance un autre membre du collectif. Et les annonces du président Durovray sur une participation élargie des associations ne semblent pas satisfaire les militants associatifs. « C’est sans doute histoire de se donner bonne conscience. Nous allons rester vigilants sur ce point », conclut alors Karim Sellami qui assure au passage que le collectif « n’est pas dans une démarche politicienne, mais bien citoyenne ».