Ce jeudi soir, sur les coups de 18h30, les drapeaux, mégaphones et autres banderoles étaient de sortie devant la salle de la Maison-neuve de Brétigny-sur-Orge. A l’appel de la CGT, plusieurs dizaines de personnes affluent devant l’entrée principale de la salle, avec un seul mot d’ordre : « Il faut montrer à Madame Pénicaud que nous ne lâcherons pas ! On va l’accueillir en fanfare ! », clament certains manifestants. Car oui, la ministre du Travail était attendue à 19h30 pour présenter son projet de réforme sur la formation professionnelle dans le cadre d’une réunion publique organisée par les élus locaux de La République en Marche (LREM). Un rendez-vous que ne voulaient pas rater certains salariés de la fonction publique. « Ce gouvernement casse le service public. En faisant ça, c’est toute la société qui va s’effondrer », lance un cheminot. Des propos que reprend le trésorier de la CGT 91, Michel Blanche. « Nous sommes là pour dire ‘non’ aux répressions du gouvernement Macron. Dès qu’un membre du gouvernement viendra en Essonne, nous serons là pour lui montrer notre opposition », insiste ce dernier. Cheminots, postiers, étudiants, personnels hospitaliers, d’EDF… Nombreux sont les corps de métiers présents ce jeudi soir. « Il y a même des salariés de chez Renault Lardy qui sont venus en soutien », poursuit Michel Blanche.

L’heure passe, et la ministre se fait attendre. Certains manifestants interpellent alors les personnes qui entrent dans la salle venus assister à cette conférence-débat. Beaucoup rentrent sans réagir, quand d’autres prennent le temps de venir converser. « Vous venez soutenir Macron, le président des riches », lance alors une femme, pancarte en main, en direction de deux jeunes. « Mais nous sommes aussi de la classe moyenne, nous sommes étudiants, répondent les deux jeunes. Il est important de faire ces réformes. Si nous pouvions faire autrement, je pense qu’il l’aurait fait ». « Vous êtes jeunes, vous n’êtes pas encore concernés, mais vous verrez quand vous aurez mon âge. A plus de 70 ans on ne peut plus faire de sacrifices », surenchérit un retraité.

Muriel Pénicaud, la ministre du Travail n'a pas souhaiter parler avec les manifestants (JL/EI)

Muriel Pénicaud, la ministre du Travail n’a pas souhaiter parler avec les manifestants (JL/EI)

Egalement interpellés, les députés essonniens LREM ne s’attardent pas devant l’entrée, et gagnent rapidement la salle, à l’image de Pierre-Alain Raphan, député de la 10e circo (Sainte-Geneviève). Amélie de Montchalin, députée de 6e circo (Massy), répond à quelques personnes, mais les échanges sont brefs et assez expéditifs.

Pour les députés de majorité, « il faut tenir »

Tout à coup, les vrombissements des voitures du cortège ministériel se font entendre. La ministre du Travail arrive par la seconde entrée du bâtiment, devant laquelle le plus gros des troupes était réuni. Si quelques heurts sont à noter entre certains manifestants et les forces de l’ordre, la ministre a pu accéder dans le calme à la salle dans laquelle une centaine de personnes, dont de nombreux acteurs locaux, attendait de l’entendre présenter son projet de réforme. Laëtitia Romeiro-Dias, la députée LREM de la circonscription ouvre alors les débats et termine son introduction en indiquant que « beaucoup de monde dans cette salle a envie d’échanger avec vous sur le sujet ». Une phrase sur laquelle la ministre du Travail n’a pas tardé à rebondir : « Oui, je souhaite qu’il y ait le plus grand débat possible ». Dehors, aussi visiblement… Interrogée par Essonne Info, Muriel Pénicaud n’a pas souhaité s’étendre plus que cela sur ce « comité d’accueil », expliquant « être là pour parler de la République en Marche », a-t-elle répondu.

La manifestation était encadrée par de nombreux CRS (JL/EI)

La manifestation était encadrée par de nombreux CRS (JL/EI)

Peu après, les manifestants se sont éparpillés sous la surveillance de nombreux CRS. Mais plusieurs dizaines d’entre eux ont remis le couvert ce vendredi 13 avril devant les grilles de la Préfecture de l’Essonne afin d’interpeller les pouvoirs publics. « Nous avons envoyé 3–4 lettres à la préfète de l’Essonne, mais elles sont toujours sans réponse, résume Michel Blanche. Ça ne va pas nous décourager pour autant ».