Pour le dernier jour d’école avant les vacances de printemps, deux pères d’origine syrienne tentent à nouveau d’inscrire leurs enfants au sein des écoles d’Athis-Mons. L’histoire n’est pas terminée, il y a tout juste un mois, Essonne Info avait accompagné ces deux pères de famille à la mairie d’Athis-Mons, espérant alors, pouvoir enfin recevoir une école d’affectation. Tout ne s’est pas passé comme prévu. « Je n’ai jamais eu de nouvelles de leurs part, le dossier est toujours à l’étude », explique l’un d’eux. Dans le cas présent, ils sont accompagnés par la FCPE (Fédération des Conseils de Parents d’Elèves des Ecoles Publiques), afin de discuter directement avec les directeurs(trices) de la scolarisation des futurs écoliers. C’est au groupe scolaire Saint-Exupéry à Athis-Mons, qu’ils se sont tous donnés rendez-vous. 8h, rentrée des classes, les enfants sont impatients de commencer les cours et de les finir aussitôt pour profiter des vacances. Les maîtresses et les maîtres, sourires aux lèvres tentent tant bien que mal de calmer la frénésie générale à la grille de l’école. Quant à eux, les deux pères attendent sur le côté avec les accompagnantes que tout le monde rentre. Si le jugement du tribunal administratif est de leur côté sur ledit refus de scolarisation d’enfants migrants de la part de la commune d’Athis-Mons, ils ont toujours cette peur d’être rejetés et de ne pas avancer. « Leurs dossiers sont complets. L’ancienne école des enfants située à Bobigny, a envoyé toutes les pièces de scolarisation et de vaccination à la mairie et aux écoles » indique la FCPE.

Athis-Mons devra scolariser les enfants de la Cité de l’Air

Le directeur de l’école primaire Saint-Exupéry d’Athis-Mons accueille les deux pères dans son bureau et il discutent d’une scolarisation dès la rentrée, soit le 30 avril. « Il y a de la place », commence par dire le directeur de l’école. Au préalable, la direction doit demander l’autorisation auprès de sa hiérarchie. Au téléphone, le chef d’établissement reçoit l’inspectrice de l’Éducation Nationale de la circonscription d’Athis-Mons. Ce jour-même, cette dernière est précisemment en rendez-vous avec le service enfance de la mairie d’Athis-Mons. « Il y a de la place disponible, si tout va bien les enfants seront inscrits le 30 avril » explique-t-elle. Plus que deux petites semaines à attendre pour les deux pères qui ont d’ores-et-déjà attendu plus d’un an. « De toute façon, la scolarisation sera obligatoire dès 3 ans en 2019 contre 6 ans actuellement, tout est de notre côté » souffle une accompagnatrice. Même constat pour l’école maternelle du même groupe scolaire, la directrice accepte de recevoir les familles. Également contactée par cette dernière, l’inspectrice de l’Éducation Nationale relate les mêmes réponses, « si les dossiers sont complets, l’inscription se fera. »

La matinée se termine avec encore plein d’espoirs et d’attentes, la FCPE « n’abandonnera pas » et les 30 enfants sont entourés par des associations. « La scolarisation de ces premiers enfants signera une grande victoire pour ces derniers et montrera l’exemple pour les prochaines inscriptions. »

Avec les enfants syriens qui tentent difficilement se scolariser

La loi Asile inquiète les associations

La scolarisation des enfants coïncide avec « la loi asile-immigration » possiblement adoptée cette semaine, et qui fait l’objet de débats au sein de l’hémicycle et la classe politique. « Nous demandons clairement de scolariser tous les enfants se trouvant sur notre territoire, quelle que soit leur situation administrative. Ici, il y en a 30. La place de ces enfants est à l’école, c’est une obligation, un devoir. » En effet l’un des points les plus durs du projet de loi et qui inquiète les associations d’aide aux migrants, c’est la rétention des mineurs. Dénoncée depuis longtemps par les associations, cette disposition du projet de loi pourrait connaître plusieurs modifications avant validation.