Des produits bio et locaux dans les assiettes des collégiens, voilà ce que souhaite développer le Conseil départemental dans les cent collèges que compte l’Essonne d’ici « la fin de la décennie », comme le dévoile François Durovray, le président du Département. « Les bases d’un bon repas, ce sont de bons aliments. C’est pourquoi il nous semble primordial d’investir dans des produits de meilleure qualité et locaux », insiste ainsi le président du Conseil départemental. A l’heure actuelle, 28 des 100 collèges essonniens proposent donc des aliments locaux issus de l’agriculture bio à leurs élèves. « Ce n’était pas une mince affaire, car à la base, chaque collège fonctionnait comme il le voulait à propos de la restauration scolaire. Nous avons donc choisi d’améliorer le process en opérant un regroupement afin d’avoir un effet de masse sur les achats », poursuit François Durovray.

16 000 repas sur un total de 45 000 sont livrés chaque jour avec des aliments issus de l’agriculture bio dans les collèges ayant franchi le cap. C’est notamment le cas dans le collège des Dînes Chiens de Chilly-Mazarin. L’établissement qui sert 1 400 repas chaque jour organisait d’ailleurs une journée de sensibilisation et de présentation de cette méthode de production. Les collégiens pouvaient ainsi échanger avec producteurs et goûter leurs produits. Si quelques-uns ne notent aucune différence avec les denrées issues de l’agriculture industrielle et intensive, la majeure partie d’entre eux possède un avis tout autre. « Ça a plus de goût que ce qu’on trouve dans les supermarchés », lance un élève de 4e. « C’est beaucoup mieux pour la santé que l’agriculture chimique. En plus, on sait d’où ça provient. Avec ça, on ne risque pas le cancer », abonde une jeune fille de 3e.

Des produits viennent notamment de Villebon ou encore de Saulx-les-Chartreux (JL)

Des produits viennent notamment de Villebon ou encore de Saulx-les-Chartreux (JL)

Une meilleure qualité donc, qui permet aussi de mettre en valeur les exploitants locaux. Ainsi, le Conseil départemental fait appel à différentes coopératives d’agriculteurs et d’exploitants de la région dont au moins 20% viennent de l’Essonne. « Nous travaillons avec 43 fermes en Ile-de-France, dont quelques-unes sont localisées en Essonne à Dourdan, Soisy-sur-Ecole ou encore Etampes, explique le représentant de la coopérative régionale des Fermes d’Ile-de-France. Nous redistribuons ce que produisent les agriculteurs sans aucun autre intermédiaire  ». Dessert, légumineux, fruits, miel… plusieurs denrées sont disponibles selon les saisons.

« C’est un cercle très vertueux que nous engageons, nous espérons que d’autres collèges voudront se joindre à la boucle », annonce François Durovray. Un nouveau partenariat qui satisfait d’ailleurs les agriculteurs. « Les consommateurs reprennent en main ce qu’ils veulent manger, et les collectivités aussi. C’est un phénomène nouveau à encourager », ajoute pour sa part Emmanuel Vandame, vice-président du groupement des agriculteurs bio d’Ile-de-France. A termes, la part du bio dans les assiettes des collégiens devrait voir une augmentation de 20 %.