Les membres du mouvement La République en marche, et soutiens à l’action présidentielle, étaient dans la rue samedi 7 avril dernier. Pas de banderoles ni de slogan pour leur ‘manifestation’, quoique. Puisqu’en pleine tourmente sociale (lire notre article), les ‘marcheurs’ accompagnés par plusieurs députés macronistes, organisaient une « grande marche pour l’Europe » dans plusieurs communes de l’Essonne.

Au programme, une vaste opération de porte-à-porte, « pour aller à la rencontre des Françaises et des Français pour écouter leurs préoccupations, leurs attentes et leurs propositions pour la refondation du projet européen » selon les organisateurs. L’occasion aussi de prendre le pouls en cette période. Pour les membres de la majorité, dont les 6 députés labellisés ‘En marche’ élus sur l’Essonne (plus un apparenté en la personne de Manuel Valls), il s’agit de garder le cap tracé par le gouvernement, et également d’agir rapidement.

Le bras de fer entamé avec les syndicats de cheminots en vaut la chandelle, pour ces élus qui croient en la nécessité de transformer la société ferroviaire publique. Selon un collaborateur de député, issu et se revendiquant de la « gauche », cette réforme du statut des cheminots « aurait du être faite depuis bien longtemps ». Le président a donc raison pour ces Marcheurs de tenir la dragée haute aux grévistes : « ce que j’apprécie chez Macron, c’est qu’il solde plein de vieux débats français, comme Notre-dame-des-Landes, ou la SNCF, qui a commencé en 1995 » conclut ce soutien à l’action gouvernementale.

La stratégie du choc

« On ne peut pas perdre de temps », indique la députée de l’Essonne Marie Guevenoux, « clairement, il faut qu’on réforme la SNCF ». Partant du constat de la situation actuelle, « je ne connais pas d’usager du RER qui soit satisfait de son parcours de transport, aujourd’hui en Île-de-France », l’élue LREM voit le principe de la mise en concurrence de la SNCF comme la solution : « avec 50 milliards de dette et 3 nouveaux milliards chaque année, le système actuel nous mène à l’échec ».

Il s’agit donc pour elle et ses collègues parlementaires de boucler rapidement la réforme. En tant normal, « un projet de loi dure six mois, entre tous les allers retours », et dans le cas de la réforme ferroviaire, « on ne peut pas passer autant de temps la dessus, on ne peut plus perdre de temps » souligne-t-elle. D’où la justification de recourir aux ordonnances par l’exécutif, ce qui toutefois « n’empêche pas le dialogue » ajoute la députée.

Sur la bataille de l’opinion publique, la députée se veut optimiste, « je crois que les usagers du RER comprennent très bien ce que je dis ». Illustrant ses propos d’un retour sur sa dernière présence en circonscription, au marché d’Epinay-sous-Sénart le week-end dernier, « sincèrement, je n’ai croisé que des gens qui m’ont dit ‘il faut tenir’ ». Sur le mouvement étudiant naissant, Marie Guevenoux estime enfin que la « majorité des étudiants veulent suivre leurs cours, et il y a une minorité très politisée qui bloque ».

Bien qu’investie sur d’autres thématiques comme la loi Asile et immigration, la députée se dit prête à répondre aux revendications des secteurs qui se mobilisent, en indiquant « Des cheminots m’ont adressé un message pour un rendez-vous, je vais accepter, car il faut être dans le dialogue ». Laetitia Romeiro-Dias est également députée depuis juin dernier. Pour le moment, « je n’ai pas été sollicitée au niveau local par des organisations syndicales » confie-t-elle, ajoutant qu’à « l’heure actuelle, les discussions, pour ma part, se font plus à l’Assemblée nationale ». Néanmoins, « si jamais le besoin se faisait sentir, je répondrai aux sollicitations » assure-t-elle. Celle-ci voit son rôle de députée comme « à l’écoute de nos territoires avant tout », ce qui permet selon elle « d’ajuster les propositions prises par le gouvernement ». Elle évoque aussi les personnes qui viennent « évoquer les réformes » à sa permanence parlementaire, affirmant « prendre à chaque fois le temps de répondre ».

Article réalisé avec Jérôme Lemonnier

Notre dossier :