La grogne s’intensifie et elle n’est pas prête de de retomber. C’est le message que souhaitent faire passer les milliers de personnes qui s’apprêtent à défiler dans les rues de la capitale et dans les grandes villes de France ce jeudi 22 mars. Une manifestation organisée dans les rangs de la fonction publique pour protester notamment contre le gel du point d’indice des fonctionnaires, la restauration du jour de carence en cas de maladie ou encore contre la suppression annoncée de 120 000 postes au cours du quinquennat. Un mouvement auquel les syndicats essonniens ont apporté leur soutien.

« Il n’y aura pas d’actions menées en Essonne. Toutes les personnes qui souhaitent manifester sont attendues dans les cortèges parisiens », résume d’emblée Ollivier Champetier, secrétaire général de la CGT 91. Pour autant, cela ne signifie pas que le domaine de la fonction publique ne sera pas impacté, loin de là. Outre les salariés du groupe Aéroports de Paris, de la RATP, d’Air France ou encore des cheminots de la SNCF, les salariés « de la Sécurité sociale, de Pôle emploi, de la Poste, de l’éducation nationale et de la santé sont concernés » par cette grande journée de mobilisation, complète Christophe Le Comte, de Force ouvrière. « Une manifestation d’envergure » promettent les sept syndicats qui ont appelé à cette première grande manifestation de l’année.

Par le biais de cette journée les différents corps de la fonction publique de l’Essonne – qui regroupe légèrement moins de 100 000 postes sur le département – veulent mettre les débats locaux sur la table. Et ils sont nombreux selon eux.

L’éducation mobilisée des écoles aux universités

Le milieu de l’enseignement va ainsi fortement se mobiliser lors de cette journée. Ecoles, collèges, lycées, universités, rares sont les établissements qui ne seront pas touchés assure-t-on du côté des syndicats concernés. « Nous devons nous battre pour défendre le service public. C’est un bien public, lance Emmanuel Cabiran, secrétaire départemental du Snuipp-FSU. A la rentrée 2017, nous avions 180 postes vacants dans le premier degré et 572 dans le second degré. Il y a une vraie crise du recrutement. Résultat, ce sont des personnels non-formés qui viennent donner des cours ».

Même son de cloche pour Semya Ajmi, co-secrétaire du Snes-FSU (secondaire).  « Il y a un manque de moyens criant dans nos services. Il n’y a jamais eu les créations de postes promises. Cela entraîne de fortes inégalités en matière d’enseignement, car dans certains établissements, les effectifs par classe sont plus chargés que dans d’autres endroits », relate cette dernière avant de tirer un constat cinglant sur les jeunes professeurs à cause de ce contexte. « Aujourd’hui, nous sommes confrontés à une perte de sens de notre métier. Les jeunes n’ont plus forcément l’envie de se lancer dans l’enseignement ».

Ecoles, collèges et lycées seront donc bien touchés par ce mouvement de protestation. Idem pour les universités où le principal syndicat étudiant, l’Unef, appelle les étudiants à se « battre pour obtenir plus de moyens ». « Le gouvernement ne regarde pas en face les problèmes, il les camoufle. Pour l’enseignement supérieur, il faudrait injecter près d’un milliard d’euros pour arranger la situation, indique-t-on du côté de l’Unef. Rien que pour l’université d’Evry-Val d’Essonne, nous n’arrivons plus à absorber l’augmentation des effectifs ».

La santé veut se battre contre « les contractualisations de masse »

En Essonne, près de 10 000 personnes travaillent dans les différents centres hospitaliers du département. Ceux-ci seront également sur le pont, bien que le service minimum obligatoire soit assuré. « Ceux qui assureront ce service seront en partie solidaires du mouvement national », avance Catherine Fayet, du syndicat Solidaires. Cette dernière poursuit en établissant un tableau assez sombre de la profession. Évoquant de « forts taux d’absentéisme dans les services, la pénibilité du travail, une médecine libérale en grande souffrance, des conditions de travail extrêmement difficiles », Catherine Fayet insiste : « Défendre le personnel, c’est défendre le service public ».

Et en Essonne, plusieurs postes semblent ainsi menacés. Dans le cadre de la fusion des hôpitaux d’Orsay, Longjumeau et de Juvisy, la représentante du personnel médical explique que « 100 postes doivent être supprimés », 50 au centre hospitalier Sud-francilien (CHSF) à cause « d’un déficit budgétaire » et enfin 176 autres postes sont menacés à Draveil, du côté de l’hôpital Joffre, dont la fermeture est programmée courant de l’été 2018.

Outre une amélioration notable en termes de moyens, le milieu de la santé veut également mettre en exergue les conditions concernant l’emploi des salariés. « Nous sommes dans un système ou la plupart gens est employée comme contractuel. Au CHSF, sur 3 000 salariés, 500 sont des contractuels et ce ratio remonte en flèche ces derniers temps. Ce n’est pas en agissant de la sorte que nous allons améliorer la donne ».

Outre ces services, les transports seront également très perturbés. La ligne D du RER sera presque totalement à l’arrêt. Idem pour les ligne B et C où de nombreux trains seront aussi supprimés (lire notre article)