Depuis plusieurs semaines maintenant, le lycée Nadar de Draveil est sous le feu des projecteurs. Ce lycée professionnel, situé en bordure de la Forêt de Sénart qui accueille en son sein plus de 600 élèves fait l’objet d’une passe d’armes avec la mairie. En cause, la dégradation d’équipements comme le gymnase qui jouxte le lycée. Une situation qui semble aujourd’hui en passe de se résorber. Retour sur ce début d’année bien chahuté pour les lycéens de Draveil.

Des lycéens privés d’équipements

Décembre dernier, les lycéens découvrent que l’accès au gymnase de Mainville, équipement dans lequel les cours d’EPS (éducation physique et sportive) sont pratiqués, est tout bonnement fermé. Un cadenas a d’ailleurs été apposé sur la porte d’entrée du gymnase. Une décision prise par la mairie suite à la découverte de « dégradations » au sein de l’établissement. Un choix que la municipalité assume : « Nous avons découvert que les dégradations résultaient de l’usage du gymnase par les élèves du lycée Nadar, abonde Georges Tron, le maire de Draveil. Les travaux de réparation coûtent une petite fortune. 80 000 euros ont été injectés l’an passé pour la réfection du sol ».

Une décision lourde de conséquences pour l’organisation du lycée qui a dû suspendre en partie l’enseignement des cours de sport. Une décision d’ailleurs contestée par la proviseur, Ghislaine Bazir, qui affirme que « les élèves n’y sont pour rien dans ces dégradations ». Des propos que confirment certains lycéens : « Nous n’avons pas dégradé le gymnase. On range toujours tout après, avec les professeurs de sport », relate cet élève du lycée.

Dans le même timing, de nouveaux « incidents » ont ravivé le bras de fer entre le maire de Draveil et la directrice du lycée. Durant une sortie à la piscine Aqua Sénart dans le cadre d’un cours d’EPS, certains élèves créent la pagaille et chahutent dans les bassins au point d’en venir aux mains pendant que d’autres jettent un œil dans les vestiaires féminins. Des événements sans incidence selon la proviseur, malgré la décision de l’UCPA (l’union national des centres sportifs de plein air) de priver de sports nautiques la classe concernée. L’incident est aujourd’hui bel et bien terminé conclut Mme Bazir : « Il n’y a plus lieu de s’y intéresser car le cycle de natation est terminé ».

Règlement de comptes au marteau

A l’instar des « incidents » survenus dans la piscine, le sujet sur l’utilisation du gymnase par le lycée est aujourd’hui clos. Ainsi, la situation est revenue à la normale pour l’usage de cet équipement. Pour autant, cela ne marque pas la fin des histoires au lycée Nadar. En effet, ce lundi 12 mars, c’est une agression devant le lycée qui vient encore ternir le tableau. « Une bataille rangée à coup de marteau », comme nous l’explique George Tron. Une histoire qui serait en fait en réponse à une précédente agression, cette fois-ci devant le lycée Louis Armand à Yerres. « Cela fait trois semaines qu’il y a vraiment des problèmes au lycée » ajoute le maire de Draveil. Un « problème » relaté dans les colonnes du Parisien, causé par trois adolescents extérieurs au lycée qui ont agressé un élève à coup de marteau. Ceux-ci furent ensuite éloignés par un des camarades de l’agressé muni d’un pistolet d’alarme. Ils ont ensuite été interpellés par la police.
Pour lutter face à ce phénomène, une aide a ainsi été mise en place afin d’accompagner les élèves comme nous l’explique un membre du personnel : « Des personnes du rectorat sont venues cette semaine pour assister les surveillants et parler aux élèves si besoins ». Même son de cloche du côté de la cheffe de l’établissement. « Nous avons travaillé de concert avec la mairie et les services de police pour régler l’incident, et des policiers sont présents pendant les entrées et sorties des lycéens », informe-t-elle. Des problèmes qui amènent en revanche le maire de la ville à questionner la sécurité au sein du lycée. « A Nadar, on y rentre comme on veut ! », s’indigne-t-il.
Des questions sous-jacentes auxquelles n’adhère pas tout le monde, comme Guillaume*, lycéen en filière métier de la sécurité: « Le problème est que ça donne une mauvaise image du lycée professionnel, alors que dans tous les lycées il y a des problèmes et des bagarres ».

(*) Le prénom a été changé.