Les enfants devront être inscrits avant la fin du mois. Mais, dans un communiqué, l’association juvisienne pour l’accueil des demandeurs d’asile et des réfugiés (AJAR), qui avait saisi la justice pour demander la scolarisation de ces enfants, décrit « une victoire au goût amer » : « Depuis 18 mois, les nombreux courriers et démarches à la mairie, aux différents échelons du ministère de l’Éducation nationale et aux autorités administratives sont restés sans aucun effet. Ainsi, en réponse à notre courrier de juillet 2017, la sous-préfète de Palaiseau a demandé le 1er août à la maire d’Athis-Mons de scolariser ces enfants. En vain ! »

Le collectif dénonce aussi le fait que « les migrants aient dû aller au tribunal pour faire appliquer l’alinéa 5 de l’article L 111–1 du code de l’éducation : « Le droit à l’éducation est garanti à chacun afin de lui permettre de développer sa personnalité, d’élever son niveau de formation initiale et continue, de s’insérer dans la vie sociale et professionnelle, d’exercer sa citoyenneté. ». »

Plusieurs conseillers municipaux avaient de leur côté tiré la sonnette d’alarme le 7 juin dernier suite à l’inaction de l’administration municipale sur ce dossier. Christine Rodier, la maire d’Athis-Mons avait refusé l’inscription d’une cinquantaine d’enfants de réfugiés vivant dans le quartier pavillonnaire de la Cité de l’air, avançant « l’insuffisance de places et le mode d’habitat précaire de ces enfants ».

En réponse, le tribunal a jugé que « selon le code de l’éducation et en vertu du principe d’égal accès au service public, le maire ne pouvait légalement opposer le mode d’habitat pour refuser l’inscription. »

Les réactions ne se sont pas faites attendre. Jointe par Essonne info, Marie-Renée Courty, présidente de l’AJAR, confirme regretter l’usage de la voie judiciaire : « les échelons de l’administration municipale n’en avait visiblement rien à faire de leur sort ». Même son de cloche du côté de l’opposition : Patrice Sac, opposant socialiste, craint même que la mairie n’obtempère pas. « Il n’est pas à exclure que l’avocat revienne à la charge au cas où le jugement ne serait pas appliqué », exprime-t-il.

Julien Dumaine, conseiller municipal d’opposition, ne comprend pas « pourquoi la maire n’avait pas envisagé des pistes de solutions alternatives ». Il ajoute qu’il est « regrettable de mettre en place une solution dans l’urgence, en seulement 15 jours ». Du côté de la municipalité, on ne commente pas la décision de justice. Le refus de la scolarisation était une décision « plus juste pour les Athégiens et la ville. » indique-t-on.

Notre dossier sur la Cité de l’Air d’Athis-Mons