A quoi ressemblera la ville de Palaiseau dans les prochaines années? La commune, sous-préfecture du département, compte 32 461 habitants au dernier recensement. Un chiffre appelé à augmenter dans les 10 ans. Elle a la particularité géographique de posséder un coeur de ville le long de la vallée de l’Yvette, tout en grimpant sur le Plateau, lieu du quartier de Polytechnique, concerné par le projet d’aménagement Paris-Saclay.

La dernière révision du PLU, qui date de 2013, était restée dans les mémoires de nombre de Palaisiens (lire dans nos archives). Les débats, alors vifs, s’étaient cristallisés sur les projets d’urbanisation sur le Plateau, ce qui préfigura peut-être aussi la chute de la municipalité socialiste l’année suivante. Comme promis, le nouveau maire Grégoire de Lasteyrie a travaillé à réduire la voilure du projet, particulièrement dans son volet logements familiaux.

Au terme de deux années de différentes phases de diagnostic, de discussions sous forme d’ateliers, et d’une formalisation en conseil municipal à l’automne dernier, la révision du Plan local d’urbanisme de Palaiseau entre dans sa dernière phase. Il s’agit de l’enquête publique d’une durée d’un mois relative à ces modifications, réalisée par un commissaire enquêteur. Plusieurs permanences sont tenues dans les équipements de quartier, et une réunion publique se déroule pour présenter et discuter de cette révision du PLU, ce mercredi 7 mars (18h30) en mairie.

Parmi les modifications inclues dans ce plan d’urbanisme communal, le conditionnement d’une future zone à urbaniser, du côté du quartier Camille Claudel, à la venue de la ligne 18 avec une station sur place. « On maintient ainsi la possibilité d’urbaniser » explique le maire. Pour Grégoire de Lasteyrie, « trois axes » ressortent de la révision des règles locales d’urbanisme : « préserver l’identité des quartiers pavillonnaires, un engagement résolument environnemental, et le rayonnement de la commune ».

Des 5 étages en centre-ville

Malgré la déconvenue du report de la ligne 18, et de sa station prévue sur le quartier Polytechnique à 2027 (lire notre dossier), l’objectif d’urbaniser cette frange sud du Plateau demeure, mais « le calendrier va être décalé » confirme le maire. Côté centre-ville, quelques terrains doivent être construits, l’ilot dit ‘Tronchet’ dans le secteur de la mairie, puis un espace à proximité de la gare, le tout en R+5 maximum. « On préserve et à la fois on développe la commune » argumente ainsi Grégoire de Lasteyrie.

Notre dossier : le report de la ligne 18 remet-il tout en cause?

Du côté de l’opposition, on juge d’une autre manière cette révision du PLU. Pour Matthieu Pasquio, conseiller municipal du groupe Palaiseau passionnément, « on va mettre la ville urbanistiquement sous cloche » avec ces changements. Selon lui, cette révision entérine « la frontière entre la ville et le cluster », situé lui sur le Plateau. L’élu d’opposition (PS) pointe également les conditions suspensives liées à l’arrivée du métro, « alors que pendant ce temps on densifie dans le centre-ville ». Conseiller municipal écologiste, Michel Rouyer constate une révision « surtout là pour protéger les zones pavillonnaires et se mettre à jour au niveau règlementaire ». Il note quelques avancées comme « l’accentuation des pistes cyclables », mais quelques points bloquants : « des opérations immobilières où la limite passe à R+5 » et ce qu’il appelle « l’invitation à construire une gare en plus sur la ligne 18, ainsi que le site de maintenance ». Ce dernier sujet constitue pour l’élu de Palaiseau terre citoyenne un « gros point de désaccord » avec la majorité municipale.

La question de l’organisation de l’enquête publique est aussi critiquée par les élus d’opposition. « Une seule réunion, un soir à 18h30, je n’y serai pas, je serai dans les transports » déclare Matthieu Pacquio, tandis que son collègue Michel Rouyer se montre circonspect : « on ne comprend pas bien l’utilité de cette réunion ». Ceux-ci pointent à demi-mot l’insuffisance de cette ultime démarche de concertation, avant l’adoption prévue de la révision du PLU cet été. Le maire (LR) assume ces points de différence. Pour lui, l’enquête publique vient simplement « terminer deux ans de travail » autour de la question, « nous avons eu 200 heures de concertation ». Sur les reproches de ses opposants, Grégoire de Lasteyrie parle de postures politiques : « en face de l’ilot Tronchet il y a déjà 8 étages, on limite justement, et puis dire que l’on met la ville sous cloche, c’est une caricature, c’est vrai qu’il y avait une pression foncière, on a résisté à ça » se défend-il.