Quelques familles attendent sur le trottoir, pendant qu’une pelleteuse est à l’oeuvre, sur le terrain situé à la frontière de Courcouronnes et Ris-Orangis qui accueillait depuis 8 mois l’un des bidonvilles de la zone. Ce vendredi matin, l’arrêté d’expulsion a été mis en oeuvre par les pouvoirs publics, dans une mécanique désormais bien rodée de destruction des campements, couplée à une prise en charge des familles qui le souhaitent par le 115, pour se voir proposer des hébergements.

Initialement prévue le jeudi 8 au matin, l’expulsion de ce camp à proximité de l’A6 s’est déroulée dans le calme. Différentes familles étant déjà parties de la zone, prenant de l’avance sur la date d’expulsion prévue par la justice, « il est difficile de dire combien de gens étaient situés sur le site » rapporte Myriam Leroux, membre de l’ASEFRR. (l’Association de Solidarité en Essonne avec les familles Roms et Roumaines).

Certains se sont réfugiés dans un squat situé à Bondoufle, ville de laquelle venaient déjà une grande partie des familles, installées notamment autour de l’hippodrome, évacué le 30 aout dernier (lire notre article). Le manège des destructions-reconstructions de bidonville pourrait donc continuer dans le secteur, où plusieurs zones de baraquements bordent les voies rapides.

Concernant ce bidonville, situé dans le zone d’activités du Bois de l’Epine, plusieurs départs de fumée avaient été signalés cet hiver, incommodant certains riverains. Mais avec cette nouvelle expulsion, « on ne fait que déplacer le problème » constate un agent municipal dépêché sur place dans la matinée. Selon les bénévoles associatifs, le suivi des enfants scolarisés dans les villes alentours pourra se poursuivre, la majorité des familles ayant l’intention de rester dans les environs. Certaines familles « en insertion » c’est a dire ayant un emploi et donc, en droit de réclamer leurs droits tels que la sécurité sociale ou le RSA, attendaient également l’expulsion formelle afin de pouvoir avoir accès notamment à un hôtel.