C’est à Vigneux, dans les locaux du club de boxe de la ville (Boxing Club Vigneux) que nous rencontrons Chadi Baraia, accompagné de son frère et agent, Nader. Pas encore 16 ans, et un peu moins de deux semaines après son titre de champion de France cadet (57kg) de boxe anglaise obtenu à la Pommeraye, le jeune homme d’origine égyptienne se confie sur ses débuts, son évolution, et ses ambitions pour la suite.

D’où te vient cette passion pour la boxe ?

Chadi : C’est une histoire de famille. Mes deux grands frères en faisaient. Moi j’ai commencé à 6 ans, mais je venais déjà avant, j’aimais beaucoup ça. Je voulais qu’on me porte pour taper dans les sacs. Et quand tu aimes quelque chose, tu vas jusqu’au bout. Du coup j’ai commencé la compétition à 7 ans, et plus tu fais de la compétition, plus tu as envie d’en faire.

Nader : Notre père était passionné de boxe mais il nous a jamais forcé à en faire.

Un père passionné, des frères boxeurs, comment a réagi ta mère quand tu t’es mis toi aussi à la boxe ? Et tes coachs ?

C : Ma mère, je ne vais pas dire qu’elle n’était pas d’accord. Elle était d’accord mais c’était une peur pour elle. Quand elle vient me voir, elle est assise au premier rang et elle est toujours un peu en panique. Quand tu mets un coup, c’est comme si tu le prenais en fait. Avec mes coachs, c’était comme avec mes frères, ils étaient à fond derrière moi dès tout petit. Ce club compte beaucoup pour moi. Sans cette salle je n’aurais peut-être pas été à ce niveau là. C’est un club familiale.

N : Ils savaient qu’il était bien entouré. On a tous grandi à Vigneux, et on a tous toujours été droits. Donc ils savaient qu’ils pouvaient bien travailler avec lui. C’est ici qu’il a appris les fondamentaux de la boxe, toucher sans se faire toucher.

Le Boxing Club de Vigneux regorge de talents (GD/EI).

Le Boxing Club de Vigneux regorge de talents (GD/EI).

Depuis, tu as bien grandi, tu as gravi les échelons, tu as gagné bon nombre de combats, est-ce qu’une défaite t’a marqué en particulier ?

C : Quand j’étais petit et que je perdais, ça ne comptait pas trop, ce n’était pas grave. Mais s’il y a une défaite qui m’a marqué, c’est celle de l’année dernière, en finale du championnat de France. C’était ma première participation, et c’était contre un boxeur du nord. C’est une défaite qui m’a boosté. Je n’ai pas gagné et je me suis dit, ‘l’année prochaine je gagne’. On a beaucoup travaillé. On a regardé ce qu’il fallait améliorer. Il y avait de gros défauts et aussi des petites habitudes qu’il fallait changer.

N : En dehors de la boxe, il a fallu changer des choses de la vie privée aussi. Chadi est un élève studieux et il n’arrivait plus vraiment à lier les études et la boxe. Donc c’était soit, on arrête la boxe et on se consacre aux études, soit on quitte le système scolaire normal.

Ecole d’ingé et JO 2024

Une défaite visiblement positive puisque tu es récemment devenu champion de France, peu de temps seulement après avoir intégré l’équipe de France. Comment as-tu réagi à ta sélection ?

C : Je l’ai appris, j’étais en vacances. Nader m’a appelé pour m’annoncer la nouvelle, j’étais vraiment content. Maintenant j’ai le statut de sportif de haut niveau. Du coup mon établissement scolaire aménage totalement mon emploi du temps. Normalement on y reste de 2 à 3 ans, mais vu que j’ai sauté une classe, je ne ferai que deux ans. Là c’est ma première année et après le bac je vais aller faire mes études à Paris.

N : Suite à un stage de sélection, il a été repéré par l’équipe de France et depuis il a intégré un sport étude à Nancy. Mais on se dit que c’est seulement le début, pas l’aboutissement.

Vers quelles études te diriges-tu ?

C : Là je suis en 1ère S, et je voudrais faire une école d’ingénieur, sur Paris, ça serait le mieux. C’est un choix que j’ai fait avec mon entourage aussi. Et si tout se passe bien, après le sport étude je pourrai intégrer l’INSEP. Et là, pareil, mes cours vont être aménagés.

Chadi Baraia, champion de France cadet (57kg) de boxe anglaise (GD/EI).

Chadi Baraia, champion de France cadet (57kg) de boxe anglaise (GD/EI).

Et ta carrière dans la boxe. Quels sont tes objectifs ?

C : A long terme, ça serait de participer aux Jeux Olympiques de Paris en 2024. Tokyo, je serai encore tout jeune. Pour Paris j’aurai 22 ans, j’espère que ça sera la bonne année. C’est une plus grosse pression, mais c’est une bonne pression, ça motive de savoir qu’on peut faire ses premiers JO dans son pays. Mais il va falloir travailler pour y arriver. Ça sera la seule et unique chose à faire.

N : Il va falloir conserver le titre de champion de France aussi. Le premier vrai tri pour les sélections, c’est le championnat de France. Avant d’être champion en Europe, il faut déjà être numéro un dans son propre pays.

As-tu un modèle à suivre aujourd’hui pour ta carrière ?

C : Oui il y a beaucoup d’exemples. Ali, Mayweather, Leonard… il y a surtout Souleymane Cissokho, médaillé de bronze aux JO de Rio.

N : Le meilleur exemple pour nous c’est Souleymane Cissokho. Aussi bien au niveau intellectuel, puisqu’il est en Master de Droit du sport, qu’au niveau sportif. En plus c’est un ami de la famille.

Et pour ceux qui souhaitent admirer celui que l’on considère comme un styliste, le jeune vigneusien sera au Gymnase Georges Brassens de la ville le 31 mars (20h30), pour son prochain combat amical. Le troisième frère, Rami, 20 ans, sera lui aussi de la partie.

Une famille de boxeurs. (De gauche à droite). Nader, Chadi et Rami Baraia (DR).

Une famille de boxeurs. (De gauche à droite). Nader, Chadi et Rami Baraia (DR).